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L'IMAGE MOTRICE

semble-t-il, le sujet qui parle en rêve n’a rien dit, Pourquoi nos hallucinés ne pourraient-ils pas en faire autant à l’état de veille ? Et pourquoi l’hallucination motrice exigeraitelle une impulsion motrice efficace, qui la détruirait en lui donnant un objet ?

Concevable, l’hallucination motrice, verbale, buccale, pharyngée, laryngée ou épigastrique, avec repos et silence de tous les organes vocaux est, si elle existe, rare; règle générale, les sujets qui logent un persécuteur dans leur gorge ou leur abdomen disent eux-mêmes ce qu’ils se plaignent de sentir et entendre dire en eux par un autre. L'hallucination psycho-motrice de Baillarger et de Seglas est presque toujours un monologue; ce n’est pas une hallucination, c’est une perception qui a un objet et très exactement son objet, ce n’est pas même une illusion.

Rare ou inexistante, l’hallucination motrice verbale ne ruine pas avec elle l’image verbale motrice. Quiescente lingua et silente gutturo canto quantum volo, disait saint Augustin. Stricker { a démesurément amplifié le rôle des représentations motrices, et, à s’inspirer de lui, on serait tenté de réduire toute l’hallucination auditive, tous les rêves auditifs à des impulsions verbales, à des images motrices méconnues, captées par des perceptions auditives indifférentes dont elles font la forme, la personnalité, et dont elles empruntent la sonorité, la matière. Maïs Stricker tend à confondre représentation de mouvement et impulsion motrice efficace, sa « Bewegung’s Vorstellung » est un « Muskel-Gefühle » périphérique, exige un « Mitwerken » des nerfs moteurs; sa « Wortvorstellung » est la conscience d’impulsions motrices; pour lui, les représentations motrices, verbales et autres, exigent non seulement une impulsion motrice centrale mais des sensations musculaires d’origine périphérique, l’émission au moins ébauchée du mot imaginé.

Sans suivre Stricker jusqu'au bout, au moins peut-on soutenir que le langage oral ou intérieur n’exige pas

4. St. ü. d. Bew. Vorst. 1882: St. ü. d. Sprachvorst, 1880. — 5, Critique

d'un rêve « auditif » de sourd (sourd depuis 30 ans) étudié par Delbœurf, in KR. P. 1879.

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