‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 356 sur 422 · RELATIONS ENTRE H. A. V, ET MONOLOGUE · texte numérisé non relu

RELATIONS ENTRE H. A. V, ET MONOLOGUE

« Après cela », me disait la surveillante, « je ne erois plus aux hallucinés ». Je n’irai pas aussi loin, non seulement à cause des hallucinés irréductibles, mais parce qu’il n'aurait peut-être pas été très difficile d'amener M Y.. à matérialiser et à amplifier ses hallucinations auditives plutôt qu’à les renier à demi.

« J'ai cru longtemps que c'était moi qui disais ce que je pensais ». Cela peut avoir plusieurs sens. Ou le monologue est pris successivement pour l'impulsion orale qu’il est, puis pour une voix extérieure; ou — c’est l’opinion du sujet —— des hallucinations auditives prennent la suite d’impulsions phoniques ; ou l’impulsion phonique se double d’une hallucination auditive, le malade jouit d’un « double hearing » et perçoit à la fois, dans les mêmes mots, sa voix et la voix ennemie; ou enfin, l’hallucination auditive neutralise à son profit la perception du monologue.

Chez beaucoup de malades, flottants ou péremptoires, toutes les explications s’opposent et se valent, et l’observateur doit d'autant plus critiquer les affirmations des sujets que la suggestibilité, le négativisme, la docilité, l’entêtement, la persévération dans les formules, la stéréotypie, la vanité, la délusion et le mensonge se disputent la majorité des aliénés aussi bien que des névropathes.

Il existe pourtant, entre ces délirants, une thèse moyenne: « J’ai cru tour à tour que c'était moi qui parlais, ou que c'était un autre; que je parlais ou que j'écoutais. Maintenant je perçois que c’est moi qui parle, sous une action extérieure très mystérieuse. J'écoute toujours, mais Je reconnais que je n’entends rien ». Et nous ne savons pas s’il faut dire : Ces sujets n’ont jamais eu d’hallucinations auditives, mais seulement et toujours des impulsions phoniques ; ou bien, ils ont eu mais n’ont plus d’hallucinations auditives et n’en gardent que le comportement; ou enfin, leurs hallucinations auditives, objectivées par leur mimique, sont neutralisées par la perception de leur propre VOIX.

Voici deux vieux malades qui posent autrement le même problème. Nous allons les voir écouter et parler à la fois, reconnaître paisiblement qu'ils parlent, mais soutenir non

Page 1