‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 358 sur 422 · CONDUITE » DE LH. A. V · texte numérisé non relu

CONDUITE » DE LH. A. V

A gauche? « Des deux côtés; je ne peux pas désigner l’endroit;

c'est circonférentiel ». « C’est un écho qui m’est communiqué ». À ce moment, le malade écoute la pendule : « Ça répercute,

ça monte dans le cerveau » — ? — « Les voix, c’est pareil ».

On voit par cette réponse, « dans le cerveau », que lorsqu'un halluciné de l’ouïe, pressé de questions, finit par dire que ça se passe dans sa tête, il ne faut pas se hâter de triompher et de conclure qu’il s’agit encore d’un pseudo-halluciné.

Et dans votre gorge ? « Dans ma gorge? Non. C’est dans les ouïes, les oreilles, ici, quoi! ».

Comme il arrive avec tant d’hallucinés, on ne réussit pas à le faire répondre à l’obscure question : c’est dans votre tête que ça se passe? Il ne comprend pas et revient toujours à « J'entends qu’on me dit des mots ».

Cette insuffisance se manifeste surtout quand on l’interroge sur les propos des voix. Bien souvent, il se contente de « je ne me rappelle pas » Plus heureux parfois, j'obtiens « elles me disent que c’est bien ennuyeux que... ». Il faut insister pour qu’il nous cite quelques mots tels que « feignant ».

En somme, il présente ses voix avec les précisions et les obscurités des hallucinés classiques, et c’est sur des déclarations de ce genre qu’on fait couramment le diagnostic d’hallucinations sensorielles.

HALLUCINATIONS DEVANT L'OBSERVATEUR. — Mes entretiens avec le malade ont été maintes fois interrompus par des scènes hallucinatoires et voici comment les choses se passaient : à la fin d’une question ou d’une réponse, il se détourne brusquement et écoute, il cesse de s’occuper de moi, il prend l’attitude partout décrite de l’halluciné et cela dure de quelques instants à plus d’une minute. Cette scène a lieu trois ou quatre fois au cours d’un entretien d’une heure sans que le patient puisse l’éviter ou la provoquer. Elle cesse comme elle à commencé, brusquement et paisiblement; il suffit d’un mot de moi pour détourner le malade de ses voix ; et, avant, pendant ou après l’hallucination, il est calme et plutôt indifférent.

Mais, en même temps qu'il écoute, il parle, sans arrét; ses hallucinations coïncident avec des monologues. En voici des lambeaux, avec leurs néologismes.

« .… C’est toi qui est Jotocré, faut pas dire jotocré... l’autre est racacié, faut pas lui parler... ce monsieur, il n’en sait pas plus que toi; s’il fait ça, c’est qu’on lui fait... é’égastounller de ça... nous, on à 80... c’est pas 80... on connaît pas les nombres... c'est pas ocosiolalsodonocialoso; faut pas dire ça... (Ici, une longue série de syllabes dont je n’ai rien pu noter) .… ça veut dire rien du tout.

… Ce monsieur-là entend, mais ne comprend pas... il faut le dire en Lat... les femmes ne comprennent pas ça, ni les demoi;

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