IH. À, V. ALLÉGUÉES OU EFFECTIVES
juif errant? Oui... » et le malade, d’une voix à peine perceptible, émet un très long bourdonnerient où l’on devine, si l’on veut, les syllabes du mot en question. La perception sans objet se réduit à moins qu'un mot et cependant, avant cet interrogatoire, pareille réduction eût paru illégitime aux plus avertis.
H. R..., mélancolique... « Elle m'a dit de me lever et d'aller manger la confiture de B... » — ? — « Elle a dit vas-y » — 7 — « Non elle n’a pas dit confiture » — 7 —- « Ni B.., mais j'ai de mauvaises pensées » — ? — « Elle a dit : vas-y ».
I. Q..., trente ans de délire de persécution, légère démence, monologue. Une voix lui parle sans cesse, multipliant questions et reproches pour lui faire avouer ae vieilles fautes. Elle a des caractères physiques fort nets. Que dit-elle effectivement ! Jamais rien de plus que : « Z4 purs tot ».
L’interrogatoire réduit ici les phrases attribuées aux voix à trois monosyllabes ; et toutes les hallucinations décelées chez ce malade ont pu subir cette réduction. J’ajoute en passant que, depuis des années, elles ne se sont pas modifiées et restent des hallucinations stéréotypées.
Dans ces cas, l’hallucination alléguée est, et surtout devient, un ensemble complexe et cohérent; l’hallucination effective, la donnée hallucinatoire est parfois moins qu’un simple mot; une fois écartés l’élément moteur, les surcharges, les interprétations, l’acouphrénie, les stéréotypies, etc., la perception sans objet se réduit à un résidu quantitativement insignifiant. [’hallucination effective, bruit amorphe, mot, courte phrase, s’annexe une foule d'images, matérialise dans la mémoire et les affirmations des sujets les pensées plus ou moins conscientes qui l’ont accompagnée, et aboutit, dans quelques cas monstrueux, à l’acouphrénie.
Chacun a vu de ces aliénés dont les hallucinations, d’abord vagues et fragmentaires, paraissent devenir de plus en plus riches et cohérentes. Or, on peut très bien concevoir, et constater, que les hallucinations restent indéfiniment rares et pauvres, si même elles ne disparaissent pas tout à fait, pendant que le comportement hallucinatoire se développe et s’exagère. Au premier abord, ces malades ont des perceptions sans objet abondantes et chargées de sens ; puis on découvre qu’ils ont interprété, surchargé, transformé, un mot, un murmure confus, un bruit subjectif, démesu-