C’EST COMME SI
je trouve que ça me retourne dans les reins. Je ne peux pas manger : Ça vous empoisonne tout de suite.
— Nous lui demandons : Sentez-vous quelque chose en mangeant? — « C'est-à-dire que les aliments, la viande est dure comme du bois ou pourrie ».
— AÀ-t-elle une mauvaise odeur ? — « Non ».
— AÀ-t-elle mauvais goût? — « Non, la viande, c'est comme si on mangeait je ne sais quoi; je ne peux pas dire ».
— C’est la viande qui est gâtée ? — « Non, c’est comme si on mangeait sur mon intestin ».
— Vous entendez des voix ? — « C’est toujours que des saletés.
Le nez de ces fous me répète tout ».
— C’est leur nez? Comment savez-vous que c’est leur nez? — « Oui, parce que c’est mon en dedans, c’est toujours comme si je l'avais ».
— Vous entendez bien ces voix? — « J'entends; c’est comme si on me donnait un coup sur la poitrine et sur le cœur, partout. (a me dit dans mon intérieur. C’est toujours comme si on me tirait par terre, ou alors, si je traverse sur le côté, c’est comme si on me voyait, les uns devant, les autres derrière. J’appelle ça des voleurs. Après, c’est en bas, dans tout ça.
Il m'est arrivé, au moment de me mettre à table, c’est comme si j'avais été dans la gueule d’un monstre; c’est comme si J'avais été dans les cabinets. Si vous mangez un œuf, par exemple, on dirait qu'on mange de la pourriture avant même qu’il soit cassé.
« M P... présente de la palilalie, répétant fréquemment le dernier mot d’une phrase ou le dernier membre de la phrase ; elle emploie souvent soit des néologismes vrais, tels que quenaux, gueule de rage, soit des locutions qui ont pour elle la valeur d’un néologisme, tels que bisquer, caver, vereux, fegneux, termes dont elle n’arrive pas à donner une explication satisfaisante.
» Iln’y a, chezelle, ni amnésie ni désorientation ; elle est toujours polie, vêtue correctement, exacte aux rendez-vous qu'on lui donne verbalement; elle a conservé toute son habileté manuelle pour la couture et le ménage. Elle se conduit, non comme une démente, mais comme une obsédée ou une phobique, expliquant les bizarreries de sa conduite par ses préoccupations.
» Il n’y a pas de constitution paranoïaque antérieure au développement de la psychose, Cette femme n’a jamais été ni méfiante ni orgueilleuse : la preuve en est qu’elle est