HALLUCINATIONS ? € NON ». & SI
restée vingt ans dans la même place sans se brouiller avec ses patrons...
» Cette femme n'arrive pas à trouver, dans le langage usuel, la formule qui exprime et développe sa pensée ; de là, l'emploi si fréquent de cette locution qui scande, pour ainsi dire, chacune de ses phrases : C’est comme si; elle cherche constamment une comparaison nouvelie, espérant toujours se faire mieux comprendre. En réalité, elle utilise un langage qui, non seulement est inadéquat à sa pensée, mais en outre est inintelligible pour nous.
» On croit d’abord pouvoir la dire hallucinée. C’est seulement par une étude critique serrée du texte sténographié que l’existence des phénomènes hallucinatoires devient fort douteuse... »
Plusieurs aliénistes ont pris part à la discussion provoquée par cette malade :
M. Ballet conclut : « C’est une psychose hallucinatoire chronique, Sans doute, les hallucinations y sont imprécises, mal décrites, très différentes de celles qu’on voit dans les intoxications ; mais c’est le caractère qu’affectent d'ordinaire les troubles psycho-sensoriels, au moins les troubles auditifs, dans la psychose chronique hallucinatoire ».
M. Dupré : « Il me paraît difficile de ne pas admettre l'existence d’hallucinations ».
M. Camus : « Je penche vers l’hypothèse d’une psychose hallucinatoire chronique. L'existence des hallucinations sensorielles, chez elle, semble peut-être discutable, si, dans son langage touffu, imagé et peu compréhensible, on veut trouver une déclaration précise et claire à ce sujet, Mais lorsque je lui pose cette question simple : sentez-vous quelque chose ? et qu’elle répond avec conviction : je sens une mauvaise odeur, une odeur de pourri, je ne crois pas qu’on puisse, à ce moment même, douter de la réalité d’une hallucination olfactive ».
Pour M. Wallon ce n’est pas une hallucinée chronique, ce n’est même pas une cénesthopathe, c’est une simple phobique. Elle n’éprouve pas de sensations anormales et il n’y a pas à se poser à son sujet la question Hallucination.
M. Blondel : « J’ai pour ma part la plus grande répu-