‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 405 sur 422 · NI CONDUITE NI AFFIRMATION DE L'H. A · texte numérisé non relu

NI CONDUITE NI AFFIRMATION DE L'H. A

gnance à considérer les troubles que présente cette malade comme des hallucinations, non que je les comprenne autrement, mais parce que je ne les comprends pas du tout. S1, en effet, on fragmente ses déclarations, il est à la rigueur possible d’y trouver la somme d’hallucinations sensorielles, psycho-motrices et de la sensibilité générale; mais, quand, comme je crois qu’il y a intérêt à le faire, on les prend dans leur ensemble, est-il possible de se reconnaître dans ce chaos d’impressions morales qui se transposent en impressions physiques, d’odeurs qu’on entend, de sons que l’on voit, dans toute cette masse verbale qui ne répond plus en rien à quoi que ce soit de notre expérience ? »

Telle qu’elle est présentée, cette malade, comme celle de M. Blondel, ne paraît en effet, nullement hallucinée. Elle dit : « quand on passe dans la salle, ça me tape sur la poitrine ». D’autres délirants diront : « le menuisier qui plante des clous dans la pièce à côté me frappe à coups de marteau, Les artilleurs qui font l’exercice là-bas m’envoient des obus... je suis criblée de coups de revolver et je n’ai pas besoin de les entendre pour le savoir... » Ce sont là des à peu près, et ces sujets le précisent eux-mêmes, presque d'eux-mêmes; ils n’ont pas de sensations morbides extraordinaires, ils n’ont aucun comportement hallucinatoire, ils diffèrent radicalement des hallucinés ordinaires, si nets, si précis, si simples, si clairs. La malade de D... et L. L. dit : « c’est comme si J'avais le nez dans une fosse d’aisance.…. tous me répètent tout ça... leur nez me répète tout... ça s’agrafe sur mon oreille... J'entends ». Quand on parle ainsi, si on est halluciné, l’observateur obtient sans effort des précisions, « le dernier mot ». Ici, rien de tel, et cette femme, disent les auteurs, « ne se comporte pas en hallucinée.. n'a pas l'air d'entendre ou de répondre... » Puisqu’elle diffère si profondément des délirants hallucinés ou paraissant l'être, il sera bien difficile de se servir de ses inexistantes hallucinations pour contrebattre les leurs.

Elle a dit à M. Wallon : « On me dit de mauvaises odeurs dans la bouche ». Nous avons vu des malades parler ainsi, et ils se sont expliqués : M ..., qui faisait les cent pas, ou plutôt les vingt pas, dans un préau d’Asile, à Rennes, m’affirmait : « Je vais à Brest ». Elle ne tardait

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