DISTINCTIONS PRÉCISES DES MALADES
pas à ajouter, constatant avec moi que son procédé la laisserait sur place : « quand j'aurai assez marché, je ferai un grand saut et je serai à Brest », La malheureuse truffée d’éclats d’obus se borne à romancer une coïncidence entre des coups de canon réels, des sensations anormales (?) et des « bleus ». Il est intéressant d'étudier ces faits à propos de l’hallucination, mais on ne peut songer à les égaler aux consciencieux comptes rendus des hallucinés moyens, normaux,
Il en est pourtant, parmi ces derniers, qui parlent comme la malade de D... et Li. L. M" Q... # avale ainsi des poisons parlants, et reçoit sur tout le corps, par des courants électriques, des mots horribles; M®° W... 5 absorbe des discours par la main; et ces deux femmes nous ont montré qu’elles ne confondaient rien, qu’elles distinguaient tout, qu’elles travaillaient sur des impulsions verbales, sur des hallucinations auditives peut-être, et qu’elles étaient parfaitement capables, avant la sémilité du délire et sa stéréotypie, d'exposer correctement leurs morbidités avec les concepts et le langage de tout le monde, de ne pas forcer l’observateur à remplacer leurs impulsions ou hallucinations par du psychique ineffable.
Dans « on me dit des mots dans la bouche », la malade de D... et L. L... cache peut-être des hallucinations, et, sans doute, aux questions de Camus, de Dupré et de Ballet, a-t-elle répondu en hallucinée., S'il en est ainsi, les lacunes de l'observation ne permettent pas de s’en rendre compte et, telle qu’elle est présentée, sans apparences d’hallucinations, cette délirante ou cette obsédée n'apporte à la critique du comportement hallucinatoire rien d’immédiatement utile.
Pour ramener les hallucinations aux interprétations, M. Blondel utilise deux arguments théoriques : d’abord les illusions géométriques et l'illusion du correcteur, puis le fait que les primitifs grouperaient des objets disparates sous des concepts communs,
€ Pour affirmer la présence réelle d’un objet, le primitif se contente de la présence des attributs mystiques; point ne