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L'ÉTAT NEUTRE PRIMITIF

effort dont le malade est incapable. Aussi s’empresse-t-1l de découper l’indescriptible unité primitive à laquelle il est retourné, dont 1l pâtit et qui lui est insupportable, en un groupe mensonger et absurde d'états familiers et distincts.

Deux mouvements en sens inverse caractérisaient la maladie : d’abord le retour à un état plus ou moins originel, synthétique, irrationnel et ineffable; puis l'effort pour rationaliser, socialiser et banaliser cet état en lui imposant une analyse fautive, une dissociation fantaisiste, un découpage arbitraire. Ce qu’on décrit depuis des millénaires, dans l’hallucination et le rêve, comme perception sans objet, serait le résultat de la maladie qui confond et du délire qui distingue. Il n’y aurait pas de perception sans objet, mais, on verrait parfois s'identifier radicalement objet, perception, pensée et expressions de la pensée, d’où la croyance, parfois irréductible, en la perception de ce qui n’a été que pensé,

Sans doute, les hallucinés communs diront : « chez nos habiles et déconcertants imitateurs, nous ne reconnaïissons, ni les locutions de nos délires chroniques, ni les visions de nos états toxiques, ni les apparitions de nos rêves, ni même le comportement hallucinatoire ». Mais on peut extrapoler, appliquer aux malades de tous les jours les résultats de la « Conscience morbide » et reconnaître que M. Blondel a isolé un groupe de faux hallucinés, et contribué, de façon autrement radicale que Baïllarger et M. Seglas, au démembrement de l’hallucination, peut-être même à sa négation.

En y travaillant, lorsque nous avons étudié le rôle de l'impulsion verbale dans l’histoire de l’hallucination auditive, nous avons vu un bon nombre de non hallucinés s'élever au comportement hallucinatoire, et, sans en trouver qui aient suivi le procédé des sujets de M. Blondel, nous en avons rencontré qui employaient le procédé inverse.

W...7 entend dans sa bouche un poison parlant, Q..®8 recoit par les mains les paroles qu’elle reconnaît émettre, A. Z...9% explique oralement qu’il est muet et que son monologue est celui de H.., lequel est en même temps dehors et dans la gorge de A. Z... Faut-il, sous les bizarres

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