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I/HALLUCINATION NIÉE

produite dans des replis de l’individualité d’où le « moi » affaibli s’est retiré, s’affuble avec complaisance d’authentifications sensibles. Rien dans ce jeu de matérialisation ne soulève de sérieux problème...

Pendant qu’ainsi l’hallucination achève de s'expliquer, elle perd peu à peu une grande partie de sa valeur. Et à mesure, un aperçu différent s'élève, prend le pas sur l’hallucination, la domine, la conditionne, s’y substitue, la noie finalement dans une masse d’accidents connexes, auxquels ne convient plus le nom d’hallucination, pas même celui d’hallucination psychique ou celui de pseudo-hallucination.….

Il faut faire descendre l’hallucination des sphères logomachiques, et la replacer dans son cadre clinique vivant; ce cadre est constitué par un état morbide profond de l’individualité et de la personnalité, constituant une disposition hallueinatoire; la disposition hallucinatoire est un rétrécissement du domaine de la personnalité consciente; ce moi résiduel, regroupement déficitaire de la synthèse personnelle, conserve, dans son ressort restreint, les attributs d’une personnalité consciente : unité, mémoire, aspirations subjectives; une masse d’éléments psychiques, autrefois parties intégrantes de la synthèse personnelle, ont cessé d’y être inclus, et continuent à végéter à l’abandon, d’une vie de sécession, et souvent d’insurrection ; le moi résiduel constate comme étrangères les productions dissidentes; le caractère extra-personnel de ces productions les mue immanquablement en apparentes réceptions émanées d’autres personnes; cette attribution à autrui est l’essentiel de l’hallucination; toutefois, l’hallucination ne mérite ce nom que s’il s'ajoute à ce caractère essentiel quelque sensorialisation et quelque spatialisation; ces compléments accessoires sont obtenus par un grand nombre de moyens faciles; cette complicité des sens ne soulève aucun problème anatomo-pathologique particulier. »

La perception sans objet n’existerait donc pas. Pour expliquer que tant d'hommes l’affirment, M' R. d'A... trouve que leur personnalité s’est rétrécie au sein de leur individualité. Le moi n’occupe plus qu’un secteur de l’individu, et cesse de régenter le reste, devenu « dissident ». Les « zones évacuées » sont ainsi « extra-personnelles » et leurs événements conscients, perçus par le moi, lui apparaissent comme issus d’autres personnes.

C’est là, semble-t-il, une expression de la chose à expliquer : le malade fait deux lots de ses états ; il s’attribue les uns, et il sent les autres venir du dehors. Pourquoi ?

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