MOUVEMENTS HALLUCINATOIRES APPARENTS ET RÉELS
de nos hallucinations toxiques. Ces dernières ne prétendent peut-être pas sans raison à la plus matérielle Esthésie, mais leur apparente richesse de forme et de modelé se réduit peut-être à quelques linéaments dans le vide du champ visuel.
Mes hallucinations, dans leur 2rréalité, présenteraient deux sortes de mouvements : des mouvements réels, comme est celui d’une post-image entraînée par le regard, et des mouvements apparents, comme celui des sommets d’un cube schématisé. Dans les deux cas, et dans le second comme dans le premier il s’agira de sensations et de perceptions, pas davantage.
Les transformations, les mouvements et les changements internes des hallucinations seront également de deux espèces : réels, comme les changements de coloration d’une post-image, ou apparents comme les transfigurations d’un solide géométrique figuré par des traits. Dans les deux cas, et dans le second comme dans le premier, le frégolisme hallucinatoire sera rigoureusement esthésique, aussi libre de toute ingérence de notre imagination que les culbutes d’un cube.
Lorsque enfin l’halluciné précise : « je vois un visage humain », ou, plutôt : « j'ai vu un visage humain », il n’est pas moins dans son droit que l’enfant crédule à qui l’on montre la vue stéréoscopique d’un eube ou à qui suffirait le simple schéma d’un tel volume, en vision monoculaire, pour dire « voilà un cube ». Dans ce dernier cas, moins « intensément » peut-être, mais tout aussi exactement, on voit un cube et il a un relief aussi « grand », sinon aussi « fort », que le cube de bois qu’on tient dans la main. Et pourtant, l’objet se réduit à quelques traits noirs sur fond homogène, et néanmoins nous y voyons plus et mieux qu’un cube réel : le cube intégral saisi d’un regard synthétique, d’un coup d’œil qui totalise de multiples points de vue.
L’hallucination, le visage dont parlait tout à l’heure l’halluciné, n’est-il pas parent de ces objets ambigus, et cette vision ne peut-elle pas se dédoubler aussi en deux plans psychologiques :
Une hallucination... objective, en quelque sorte réelle, et probablement très pauvre, mais tout aussi difficile à