THÉORIE HALLUCINATOIRE DE LA LECTURE
Chacun de nous, pour peu que la lecture lui soit familière, serait halluciné dès qu’il jetterait les yeux sur un texte. On aurait en effet calculé qu’à la vitesse ordinaire de la lecture, nous ne pouvons voir qu’une très petite partie de ce que nous lisons. Nous ne percevrions des mots que quelques droites et quelques courbes. Le reste, que nous avons pourtant conscience de voir, nous le voyons sans doute, mais hallucinatoirement. Les traits perçus nous ont fait reconnaître le mot, l’imaginer, le projeter.
Cette théorie hallucinatoire de la lecture est généralement admise, et voici en quels termes lui vient une magnifique adhésion :
« Rien de plus intéressant que les ingénieuses expériences de Goldscheider et Müller sur le mécanisme de la lecture, Contre Grashey, qui avait soutenu dans un travail célèbre que nous lisons les mots lettre par lettre, ces expérimentateurs ont établi que la lecture courante est un véritable travail de divination, notre esprit cueillant çà et là quelques traits caractéristiques et comblant tout l’intervalle par des souvenirs-images qui, projetés sur le papier, se substituent aux caractères réellement imprimés ! ».
« . La naissance du rêve n’a rien de mystérieux... Quand vous parcourez votre journal... vous ne percevez