DIFFÉRENCE DE DEGRÉ : DIFFICULTÉS
tions répondant au son de 105; et l’image, inintelligible peut-être dans la théorie de la différence de nature, sera non seulement inintelligible mais absurde dans la théorie de la différence de degré. Comment en effet « Les sensations » de sons répondant à une intensité objective de 10Y ergs peuvent-elles être à la fois impossibles comme perceptions d’un tel son, possibles quand même, senties normalement comme images des sons 10%, et senties quelquefois, dans l’hallucination, comme perceptions de ces derniers sons ?
Russell, dans son Analysis of Mind ?, constate comme les autres que les différences soi-disant qualitatives nommées ou décrites entre sensation et image ne peuvent tenir leur rôle. Il fait d’ailleurs exactement la même découverte quand il s’agit de distinguer la sensation de l’objet, et il en arrive à ceci : la matière se compose de sensations, rien n’empêche nos sensations de faire partie de la matière, on a enfin de bonnes raisons d’exclure toute différence intrinsèque entre image et sensation; et, partout, il revient sur l’absence d’un signe universel permettant de les trier. Il reconnaît pourtant que les images sont « provisoirement » soumises à de tout autres lois que les sensations et ont de tout autres causes, de tout autres effets. Les sensations et les images, qu'il faut identifier, faute de différences intrinsèques, pourraient donc être absolument opposées quand on s'adresse à leurs lois, leurs effets et leurs causes. On pourra s'étonner de voir coexister l’identité intrinsèque avec une différenciation aussi poussée.
L’embarras n’est pas moins grand au camp de la différence de nature, Un auteur déjà cité, et dont les tentatives mettent bien en lumière certaines difficultés, constate à son tour que les différences accumulées ne tiennent pas et que tous les tableaux de signes différentiels sont négligeables ; puis, ayant attribué, nous l’avons vu, un caractère positif spécial aux images, il leur cherche maintenant un caractère négatif également spécial : ce serait l’absence d’Intensité. L’intensité n’appartiendrait qu’à la sensation, sous la réserve déjà signalée que « the slightest change in the intensity of the sensation changes its qualitative charac-
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