‹ Études sur l'hallucinationChapitre 102 sur 366 · SPIRITUALISATION DU PERÇU · texte numérisé non relu

SPIRITUALISATION DU PERÇU

son occasion, mais en coïncidence avec lui, que se manifestent les tendances racontées par les lois du choc. Une harmonie accorde toutes les trajectoires, mais omnis corporis passio est spontanea; les corps changent aussi spontanément que les âmes et voilà une identité de plus entre la perception et le perçu 12.

Perception et perçu sont enfin également contingents ou libres. — Dieu ne crée pas tout; sa science précède sa création; elle lui montre les possibilités toutes faites et, parmi elles, les actes libres. Lorsqu'il crée, il choisit tel fait pour l’appeler à l’existence, et quand il décide de faire passer tel acte libre du possible au réel, sa prescience n’en altère pas la liberté. La création faite, pour inévitables que soient désormais tous les faits physiques et psychiques, ce qui était libre dans le possible reste libre dans le réel et il en va de même du contingent. Certain, il n’est pas nécessaire d’une nécessité métaphysique, mathématique ou logique. Son contraire reste possible, et s’il est sûr qu’il ne se produira pas, c’est qu’il accroîtrait l’imperfection du meilleur univers possible et renfermerait une absurdité morale 8, — « Liberté » des corps et liberté des esprits diffèrent pourtant assez pour qu’on réserve « Liberté » à l’esprit et divise les contingents en libres et non libres H.

Avant de voir s'évanourr l’objet matériel de la perception, nous voyons l'esprit percevant pénétrer de toutes parts le perçu; et nous pouvons prévoir que les atomes ne nous donneront pas plus que le mouvement ou l'étendue un objet capable de supporter la perception.

Les atomes, si vieux, sont bien commodes. Ils lèvent toute difficulté de physique et Leibniz « a fort donné là-dedans », erreur de « Jeune garçon » qui cède à « une imagination riante » et « se fixe à un clou », comme un simple physicien 1. En réalité, pour sauver l’objet de la perception, il faut renoncer aux atomes 16, à — Le dernier atome 17 est un monde de créatures organisées et cette décomposition n’a pas de terme.

L'organisation se trouve même volontiers dans les parties invisibles 18, Rien n’est petit ou grand, et les atomismes naissent d’une imagination débile, qui s'arrête quand la nature

12. De reérum originatione radicali, VII, 302. Russell, Analysis of Mind, trad. franç., IV, 89 : il n’y a pas de « pourquoi » à une succession; les lois sont des faits bruts, sans. rationalité interne. Syst. nouv.…, IV, 476. R. à Bayle, IV, 558. A Arnauld, II, 117, note. G., M., VI, 251. — 13. À Jaquelot, VI, 559. Ve 1. à Clarke, VII, 390. Théod., V, 331. De rerum originatione radicali, VII, 304. — 14. Sur 39 de la 1re p. des Pr. de Descartes, IV, 362. Théod.., VI, 131-132 L'âme est un automate maïs la futurition certaine ne détruit ni contingence ni liberté. L’être le plus libre est celui qui obéit sûrement à la meilleure raison ou cause décisive. L’indéterministe n’en sortira pas et, du plus nécessité au plus libre, l’état précédent détermine le suivant. La liberté n'’évite la raison, ce prétendu fatum, qu’en tombant dans la folie. Nouv. Essais, V, 184; et Théod., VI, 129. — 15. À Rémond, III, 620. IVe à Clarke, VII, 377. — 16. C'est en croyant la sauver et pour la sauver que les atomistes ont travaillé. A Arnauld, II, 78 — 17. A Hartsoeker, III, 488; à Burnett, III, 250. — 18. A Sophie Charlotte, III.

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