FOI IRRÉDUCTIBLE EN LA MATIÈRE
point d'image %. — La troisième, c’est qu’on ne tentera pas de déduire Matière et Esprit, Perception et Perçu de quelque genre neutre. « Quantité continue » est commun à l’espace et au temps; mais on ne part pas de là pour hypostasier un sujet réel qui se différencierait en étendue et durée. Entre perçu et perception, il y a peut-être un genre commun logique, ils n’ont point pour cela un genre commun réel, métaphysique ou physique. On réduira peut-être le perçu à la perception, 1l serait vain d’en faire des différenciations d’une substance neutre moyenne ÿl.
La perception de la matière est un rêve. La matière tire toute sa réalité des esprits en lesquels elle se résout.
Leibniz se croit le premier à dire qu’il y a toujours eu des hommes pour écarter le monde sensible. Il aime à souligner l’impossibilité de démontrer l'existence d’un perçu. Nulle nécessité, nulle démonstration, rien d’autre qu'une certitude morale ne nous assure que nous ne rêvons pas quand nous rattachons nos sensations à quelque chose qu’elles représenteraient 22.
Pour sauver la matière, Descartes n’a trouvé que ceci : si la matière n'existait pas, en qui Dieu nous fait irrésistiblement croire, 1l nous aurait trompés. -— Nous savons et nous verrons un jour que Dieu n’est pas coupable des maux qu’il permet, conditions sine qua non du meilleur monde possible. Soigneux du bien-fondé de notre certitude, Il a pu avoir de plus graves raisons de permettre que notre vie actuelle — ce presque néant de notre éternité — plus courte qu’un rêve — fût un rêve continu et bien réglé, doué de toute la réalité pratiquement utile : une cohérence jamais démentie. C’est peut-être quelque péché qui nous à plongés dans la caverne.
L’imagination, qui nous mène, nous fait ajouter à la perception un perçu et nous rend rebelle à tous les 1déalismes. La croyance à la matière est une foi supérieure à toutes les raisons. La déraciner, vouloir montrer à l’homme que c'est lui-même qu’'al voit quand il croit voir l’espace, c’est prétendre lui faire sentir que la terre tourne 3.
Et pourtant rien ne résiste à l’idéalisme. — Pour les qualités secondes, tout le monde est d’accord : c’est du psychique.
30. N. E., V, 244 À la duch. Sophie, IV, 291. — 31. N. E., V, 56-57. On est étonné de voir Russell, auteur d'un « Leibniz », commettre cette faute. Analysis of mind, trad. franc., 23, 25, 138, 288. — 39. Sur ce qui passe les sens et la matière, VI, 494. N. E., V, 275. A Burnett, III, 193. — Contre ]J de la ire p. des Pr., IV, 366-367. A des Bosses, II, 313-314. Dieu n’a fait que des monades sans étendue, et les corps ne sont que les phénomènes résultant de ces substances, Philarète, VI, 590. — Qui in Hybernia corp. realitatem impugnat, videtur nec rationes affere idoneas,… Suspicor esse ex eo hominum genere qui per paradoxa Ccognosci volunt. À des Bosses, IT, 492. — 33. A Clarke, VII, 377. La promenade au Rosenthal : à Remond, IIT, 606. À des Bosses, II, 502. Théod., VI, 74. Phil. et Ar., VI, 593. Russell, Anal... trad. franç., 131 : la croyance aux choses extérieures ne peut être détruite qu'à la faveur d’un long doute. c'est un préjugé.