LES MONADES ÉQUIVALENTS DE LA MATIÈRE
tuel : la materia prima. C’est elle qui involwit. . fundamentum.…. exigentiam.… diffusionis… extensioms.. antitypiæ.. . AneTLIæ.. resistentiæ et resistantiæ » $2. C’est la materia prima Qui fonde, dans la monade qui perçoit, la perception confuse appelée matière, et, dans la monade perçue, ce qui répond à cette perception ; et l’on sait que Russell devait assimiler l’inertie à une résistance de la monade au passage de perception à perception et l’antitypie à l’irréductible originalité de la monade 8. — D'un côté l’entéléchie, le principe de l’activité, de la force, de la liberté, de la finalité, de la vie spirituelle; de l’autre la materia prima, la passivité, les efficientes, l’étendue, la matérialité, ou, du moins, leurs « exigentiæ ».
Toutes lestées de materia prima, les monades ne sont pas toutes également aptes à mimer la matière et à justifier ce rêve. — Toute réalité est psychique mais toute réalité n’est pas consciente, et Leibniz utilise ici son inconscient psychologique. I1 y a des monades inconscientes ou « nues ». À l’égard de ces brutes, Dieu n’est pas père mais machiniste ; il les a soumises aux causes efficientes et on peut appeler matière % ces atomes métaphysiques, immatériels et inétendus, ces êtres psychiques. Au-dessus des monades nues s’étagent les âmes et les esprits, capables de perception consciente, de plaisir et de douleur, mais douées ou dénuées, selon leur rang, de conscience de soi, de réflexion, de bonheur et de malheur $®, de mérite ou de démérite, d’immortalité perçue.
Avec l’infinie multiplicité des monades, la materia prima et les monades nues, Leibniz pense donner à la perception un objet; mais il n’a encore cru obtenir que la vision d’une étendue chatoyante, d’un continu diversifié, d’une poussière incohérente, sans liens et sans lacunes 6, Il reste à montrer que nos découpages du continu sont aussi des phénomènes bien fondés et non des rêves arbitraires.
Dans la continuité de l’univers, 1l y a des corps distincts; entre deux brebis d’un troupeau, pour continues qu’elles soient, il y a autre chose que des brebis. Quand la perception découpe un corps dans le continu, ce n’est pas mensonge ou erreur ; bon « écuyer tranchant », elle suit les articulations du réel, et, dans une monadologie complète, la décomposition de la matière en corps distincts a de la vérité.
62. De rerum ovig. rad., VII, 303-304; de prima ph. emendatione, IV, 469; Théod., VI, 308-309; Syst. nouv. de la Nat. et de la Grâce, IV, 472: à des Bosses, II, 295, 300... à Burnett, III, 260. — 63. Russell, trad. franç., 163. — 64. A Arnauld, II, 124 — 65. Les animaux sont capables de plaisir et de douleur, mais non de bonheur et de malheur: Théod., VI, 265-266. Une monade successivement dépouillée des aptitudes au péché, au malheur, à la: perception consciente, n’est plus que matière. — 66. Le Roy. Rev. de Métaph. et de Mor., 1899, p. 547.