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LA MONADE REPRÉSENTE L'UNIVERS

plutôt que moins. Vulla ratio apparet cur tot possibilibus nos soli præferamur, nulla apparet privilegii pro uno ratio, nec ipse aliter ratione convincere poteris aliquem qui contenderet se solum existere, alios a se tantum somniari #. C’est tout, et la perception a des objets parce que cela est bon.

L'âme de la Monadologie est longtemps seule, car elle doit apprendre qu’elle se fait d'elle-même ses perceptions. Mais, à partir de la 56° proposition, elle est enfin appelée à sa nature, vertu et fonction # : elle est représentative, ses états sont par essence des expressions du monde, elle exprime et imite l’univers, le perçoit, en est le miroir. Dernier mot équivoque mais cher à Leibniz. Si, dans sa spontanéité, la monade peut être image de l'univers, elle n’en saurait être miroir; créatrice de ses perceptions, elle n’a de spectateur et ne mire que soi-même. Leibniz le sait avant tous, mais il aime penser avec Copernic et parler avec Tycho. On peut sans risques, sachant ce qu’il en est, appeler la monade miroir des choses, et sauver, dans un système neuf, les façons traditionnelles de parler.

La perception parfaitement spontanée mais parfaitement conforme au dehors. Tel est le système surprenant et inévitable, Ce n’est qu'un système, mais il est bon s’il sauve les phénomènes, et Leibniz y voit plus qu’une hypothèse 7. L’âme et le corps n’ont pas à s’accommoder l’un à l’autre, chacun suit ses lois, l’une éthico-logiques, l’autre physicomécaniques *, mais ils se rencontrent dans les mêmes phénomènes.

On est loin de l’acte commun du sensible et du sentant ou de l’intersection de la matière et de l’esprit, mais la solidarité est aussi étroite, le lien aussi serré. L'infinie diversité des objets est en effet le fruit d’un fiat unique. Dieu n’a pas de volontés détachées; chaque réalité a été créée compte tenu de toutes les autres; chacune veut avec raison que Dieu, en réglant le reste, ait égard à elle ; chaque être a contribué idéalement, avant son existence, à la

25. Sur le syst. nouv., IV, 495; sur la crit. de Malebranche, par Locke, VI, 575 : Dieu veut que nos représentations soient des vérités. A des B., II, 502, 516. Les substances sont faites les unes pour les autres, add. au Syst. nouv., IV, 578. — 26. D. M., XXXV. — 27. Syst. nouv., IV, 484 — 28. A Rémond, III, 6517. :

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