L'OBJET CAUSE LA PERCEPTION
résolution qui a été prise sur le tout ?. Avant d'exister, quand elles étaient des possibles dans l’entendement divin, les choses ont été causes les unes des autres, et la parfaite coaptation de la perception et du perçu est le souvenir de cette causalité idéale; c’est une causalité objective ©.
Je perçois une rose et il y a une rose. Elle n’est pour rien dans ma perception, mais ces deux roses sont réglées l’une sur l’autre de toute éternité, et à l'instant où l’enchaînement de mes songes forme sa rose, il y a au dehors une rose et toute une machinerie nerveuse. Je veux lever le bras et il se lève. C’est parce que je le veux ? Non. C’est quand je le veux, et on n’a rien à demander de plus que le succès de ma volonté. Le corps à moi le plus soumis, mon corps, est un automate réglé sur l’automatisme de mon âme. C’est un valet aveugle et sourd; mais Dieu, prévoyant mes ordres, a réglé ses mouvements sur mes volontés. L'influence divine a été physique, la mienne est objective *. ë
Dans le langage ordinaire, on raisonne moins, et on va plus loin. Si les volitions rendent raison des mouvements volontaires, on dit qu’elle les causent; si les choses perçues rendent compte des perceptions on fait de la perception l’effet du perçu, attribuant la causalité à celle des deux réalités qui paraît expliquer l’autre. Cet abus de la cause, intolérable en métaphysique, est admissible en science. En métaphysique, les monades et leur harmonie sauvent les phénomènes ?, La pratique peut garder les coutumes scientifiques et verbales : les volitions causent les mouvements volontaires, les choses perçues les perceptions #.
La perception leibnizienne a un dernier lien avec l’objet: Bayle trouve arbitraire le rapport Leibnizien entre l’objet et la perception ; à une blessure répond une douleur, mais
2%. Théod., VI, 108; Rép. aux obj. contre le système de l’harmonie préétablie, VI, 578. La dépendance de l’âme aux objets est métaphysique et consiste dans les égarüs que Dieu a pour les uns en réglant les autres, N. E.,, V, 163. — 30. Théod., VI, 138-139. — 31. 1bid., 137-189; add. au syst. nouv., IV, 578; à Arnauld, II, 116: à Jaquelot, VI, 56. — 32. A Foucher, IV, 496; à Arnauld, II, 127. L'hypothèse du mouvement de la terre sauve les apparences des astres; à lady Masham, III, 353. Tous les systèmes viennent après coup pour sauver les phénomènes; à Foucher, IV, 496. — 33. Système nouv., IV, 486.