PERCEPTION ET CERVEAU
ments individuels concordent, « consentiunt » de monade à monade; et notre perception « le soleil » se trouve être une traduction, infiniment lointaine mais naturelle et, en un sens, exacte, des états des autres monades.
Dans le parler traditionnel, il existe, dans un monde matériel, un soleil; ce corps agit sur notre corps, et de la tien Rte le soleil, notre corps et notre âme, naît l’intuition sensible du soleil.
Dans le langage final de Leibniz, mon âme, dans sa parfaite spontanéité, est un point de vue sur l’univers, et ses phénomènes « consentiunt » plus spécialement avec ceux d’un système déterminé de monades : « mon corps ».: Mon âme a spontanément l’état interne appelé perception du soleil. Cette perception « exprime » d’abord les phénomènes actuels des monades qui font mon corps, et j'appelle ces phénomènes « perception rétinienne où cérébrale du soleil ». Cet état de mon corps, à son tour, s'accorde, dans l’harmonie universelle, avec les phénomènes actuels du reste des monades, et j'en appelle la partie qui m'intéresse « soleil ».
« C’est en quelque façon suivant le rapport des autres corps au sien que l’âme exprime l’état de l’univers ».
Quand nous voyons le soleil, Dieu nous détermine à y penser librement par son concours ordinaire, dans le temps que nos sens sont disposés d’une certaine manière ». Ce ne sont pas les mouvements du feu, de l’air sonore ou des corps odorants que nous percevons, mais les mouvements éveillés par eux dans nos tissus; « et il y a lieu de juger que les idées de la chaleur, du froid, des couleurs ne font que représenter des mouvements exercés dans les organes lorsqu'on sent ces qualités », et nous ne connaissons l'univers que parce que notre corps l’exprime tout entier « par la connexion de toute la matière dans le plein ». C’est à la trace résultant dans le cerveau de l’ébranlement de l’oreille que Dieu a attaché la sensation de son et « toutes les pointes contre l'Ecole sont inutiles et ne viennent que de considérations superficielles ». On a soutenu que l’âme prenait des libertés avec cette harmonie entre l’univers, le corps et l’âme même, et qu’elle s’évadait parfois, dans le rêve, dans la pensée pure. Il n’en est rien. Dans le rêve