DISTINCTION DEDUITE ET NON SENTIE
de fait aux vérités de raison qui sont en nous et dont on ne peut douter; et c’est le seul moyen de « distinguer » les sensations « des imaginations, des songes, et des visions » 7.
Voilà l’intellect juge de l’immédiat, de l’instinctif, du pittoresque, du sensible. C’est que intelligence implique sagesse, convenance, bien, bonté; d’où une science de la nature respectueuse de son irrationalité #. C’est que les données sensorielles sont pétries d'intellectualité, les sensations sont des idées confuses, résolubles en une trame de petites perceptions distinctes #, L'analyse d’un phénomène sensoriel ne se termine jamais; on ne résout une qualité sensible qu’en de nouvelles qualités sensibles, et l’analyse du rouge trouverait, derrière les ondes, d’autres qualités, également originales et pittoresques, ad anfinitum ®, Mais, à chaque stade, la rationalité du phénomène s’accroît, et les sensations, idées confuses, tendent indéfiniment à se résoudre en idées distinctes. « Le transparent artificiel », si clair mais si confus, offre à la première analyse une série de dents et de vides, perception toujours claire, mais déjà moins confuse; et si nous pouvions faire un ou plusieurs pas de plus, la distinction croîtrait de degré en degré. Dans la mesure où les sensations ne sont pas un je ne sais quoi, bon à déclencher des instincts !, elles ne servent à quelque chose que par leur richesse rationnelle; et la raison peut les remplacer à un degré inimaginable, comme dans l'exemple du sourd-muet-aveugle dont Leibniz demandait l’observation ©.
Sensus est quaedam participatio intellectus, les sens sont éminemment dans l'intelligence. C’est done à elle et non à eux, c’est à l’étude logique des sens et de la mémoire de décider auquel de ces deux systèmes appartient tel état de conscience. Quelque Vividum, Multiplex et Congruum que soit un phénomène, il peut n'être qu’un souvenir. En ellesmêmes, sensations et images ne diffèrent que par le plus ou le moins; ce sont leurs accords, liaisons et lois qui en ont fait deux mondes.
47. Sur le livre de l’origine du mal, VI, 404 — 48. Théod., 43-44, 319: Tentamen.…., VII, 270-279: sur ce qui passe, VI, 497; Foucher, I, 388, etc. — 49. Add. au syst. nouv.…., IV, 574-575; N. E., V, 384: à des B., II, 517: sur
ce qui passe, IV, 492; Rorarius, IV, 557. — 50. N. E., V, 203-204 — 51. DA 410 559: Ibid, 125,