‹ Études sur l'hallucinationChapitre 137 sur 366 · DISTINCTION FONDÉE, NON ÉVIDENTE · texte numérisé non relu

DISTINCTION FONDÉE, NON ÉVIDENTE

La division des faits en realia et imaginaria n'implique d’ailleurs pas que nos realia aient des objets hors de nous. Cela importe peu. Le vulgaire et le psychologue n’ont pas à chercher si les sensations ont des objets ou à vouloir qu’elles ne soient pas des rêves. Elles seront toujours assez réelles si « ratione bene utentes nunquam ab is deciperémur »%, si jamais distraits dans l’application des critères, nous ne laissons pas glisser parmi les realia des phénomènes qui les contredisent —pugnant.

« Nihil aliud de rebus sensibilibus aut scire possumus aut desiderare debemus, quam ut tam inter se quam cum indubitatis rationibus consentiant, atque adeo ut ex praeteritis praevideri aliquatenus futura possint, Alia in illis veritas aut realitas frustra expetitur, quam quae hoc praestat, nec aliud vel postulare debent Sceptici vel Dogmatici pollicere » 5.

Démontrer que ce qui nous paraît est une réalité approcherait fort de la vision béatifique et il est difficile d’y prétendre dans l’état où nous sommes %. La certitude, la foi que nous obtenons là-dessus n’est pas l’évidence; mais, puisque vrais ou songés, les objets nous causent plaisir et douleur, notre conviction vaut notre bonheur ou notre misère : deux choses au delà desquelles nous n’avons aucun intérêt 5%.

53. De modo dist.…, VII, 320. — 54. Sur l’art. 4 de la 1re p. des Pr., IV, 856. — 55. A Foucher, I, 373. — 56. N. E., V, 425-426. Que ferait le pauvre peuple si avant de pouvoir s'acquitter du devoir d'aimer Dieu, il était obligé de se déterminer sur la cause de nos sensations, qui est peut-être la

plus scabieuse Ge tous les points de physique et le plus impénétrable à l’esprit humain ? Coste à Leibniz, III, 390.

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