XVI INTRODUCTION
peuvent interagir et sont contraints de s'ignorer. Ils n'ont aucune relation, dira Leibniz de ses monades.
À cette intuition, Spinoza panthéiste oppose celle-ci : mois il n'y a qu'un être, Dieu ou la Nature. Cet être à des attributs : il pense, il est étendu; et ces attributs ont des modes, appelés choses, moi par exemple, mon corps, mon âme, mes phénomènes, qui sont aussi des choses.
Tout à l'heure l'étendue d'autrui ne pouvait pas agir sur notre pensée et nous ne pouvions pas percevoir cette étendue. Maintenant, il y a quelque chose de changé; pas tout cependant. L'être unique percevra son étendue, mais son étendue ne pourra pas agir sur sa pensée pour s'en faire percevoir. Il y a perception, il n'y a pas interaction. C'est le Parallélisme : une pensée — un phénomène matériel correspondant, une idée — un idéat ou plutôt son idéat, ma perception — son objet, mais sans action du perçu sur la perception ou le percevant ni du percevant ou de la perception sur l’objet.
Ce n'est qu'au sein de chaque attribut qu'apparaît l’interaction. Interagir, impossible à deux êtres ou à deux attributs, est la grande loi des modes : Parallélisme là, Temnisme ici. De phénomène psychique à phénomène psychique comme entre les phénomènes physiques règnent des lois causales, les mêmes; elles règlent les perceptions de l'être unique et de moi-même, sa psychologie et ma psychologie comme sa physiologie et la mienne; série psychique et série physique se déroulant ainsi, chacune de son côté, parallèlement.
La partie de Dieu que je suis perçoit donc les autres. — Pas du tout. — L'âme n’est que l’idée de son corps. Elle ne perçoit donc que lui, et, puisque les corps interagissent, l’action des autres sur lui. C’est par ce dernier détour qu'elle atteint le reste du monde, et sa perception