‹ Études sur l'hallucinationChapitre 15 sur 366 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

des objets autres que son corps n’est qu'inférence à partir de ses idées des affections de son propre organisme. Au fond, quoique partie de l'être unique, en continuité avec tout, l'individu ne perçoit que lui-même.

La D pren populaire est donc deux fois inexistante : l'objet n’y est pour rien et elle ne sort pas de l'individu.

Voici un objet. Grâce au parallélisme nous le percevons en quelque manière, et le parallélisme exige que cet objet existe et soit présent. Mais, s'il est indispensable à la

perception, il lui est inutile. — Enlevons-le. Le voici absent. Qu’advient-il de la perception ? — Elle persiste indéfiniment.

L'objet a déformé nos surfaces réceptrices. L'objet parti, la déformation persiste et, comme toute chose livrée ‘à elle-même — c'est une intuition fondamentale — elle persistera indéfiniment. Or, cette déformation, celte trace, cette image de l’objet, c’est la parallèle matérielle de notre perception, c'est, au fond, son objet. Il persiste, notre perception persiste donc, intégrale et immortelle. Nous sommes à jamais hallucinés et rivés à une hallucination fixe. Il n’y a rien en nous qui puisse nous faire passer d'état en état, et sauf quelques indices, lout ce que peut notre « conalus » spinoziste est de nous faire persister dans notre hypnose. Le souvenir est quelque chose de néfaste.

Il y a un remède : il suffit que notre corps subisse une action plus forte et contraire à celle qui l’a tout à l'heure modifié; notre âme subit alors, elle aussi, parallèlement, une perception contraire et plus forte; elle perçoit autre chose. Son hallucination n’a cependant pas été anéantie, elle a élé « réduite ». — Jusqu'ici, tout ce que pouvait l’âme contre son hallucination, c’est savoir qu'elle en était une et ne pas délirer; l'image — perception ne perdait pas

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