‹ Études sur l'hallucinationChapitre 17 sur 366 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

perception, notre corps, parallèlement, faisant le nécessaire. Et dans toute l’histoire spinoziste des passions, on verra la théorie hallucinatoire de la perception. et surtout de l'image, jouer (sous la rubrique p. Il, propos. XVII) un rôle de premier plan.

Plus haut, quand il faut se libérer de la passivité passionnelle, et atteindre puissance et bonheur : vertu et amour de Dieu, II-XVII garde toute son importance. Notre âme, nous, c’est notre pensée et rien d'autre; notre bonheur, c'est penser le plus possible, c'est ordonner les perceptions et les images les plus nombreuses et les plus variées. Or, en panthéisme, plus et mieux on pense, plus on pense et connaît Dieu. Il est la notion commune par excellence, toujours adéquate, partout et toujours présente à tous, inévitable. C’est l'image irréductible; le mécanisme des réducteurs s'applique à elle pour nous l'imposer el, les perceptions antagonistes réduites, nous aimons Dieu « en tant que nous l’imaginons comme présent ».

Au sommet, nous retrouvons encore les images-perceptions. Nous sommes présentement éternels; il s’agit de s'en apercevoir; et l'âme la plus amplement éternelle et la plus consciente de l'être est celle qui perçoit et imagine le plus. Cette âme éternelle est une personne, une chose qui forme des idées, et ses idées sont particulièrement propres au rôle de prédicats d’une personne. Elles ne comportent en effet rien d’abstrait mais uniquement des notions communes, c'est-à-dire des images, et des intuitions intellectuelles, c’est-à-dire du concret, de l'étendue, du mouvement, des choses particulières, Bucéphale et non le cheval, de l’absent par conséquent et du passé, perçus sous une forme éminente, sans l'oubli, l'effacement et la réduction partiels qui caractérisent les images mortelles. L'éternité spinoziste est le lieu des images irréductibles.

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