‹ Études sur l'hallucinationChapitre 18 sur 366 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

Aux prises avec des questions particulières, Spinoza n'oublie pas l'hallucination, et le Traité Théologico Politique, chapitres Prophètes et Prophétie, nous apporte un ‘groupe de vues personnelles et fécondes sur la clinique de ce sujet. En voici une : Les prophètes sont des imaginatifs, peu avisés, incultes, et dont l’entendement ne modère pas l'imagination. C'est en elle que naissent les prophélies et, dans la plupart des cas, elles ont pour matière et pour ouvrière l'imagination seule; elles sont imaginatives et imaginaires, elles sont sans objet. Elles n’en sont pas moins certaines. Quand le prophète perçoit, selon son tempérament et ses connaissances, et par le seul travail de son imagination et de sa mémoire, des choses absentes et inexistantes, c'est Dieu qui actionne ses images. On reconnaît la théorie Thérésienne.

Nous verrons enfin sa lettre à Balling, quand, à propos de deux hallucinations hypnagogiques, il décèle qu'elles s'effacent lorsqu'on est attentif et s'imposent lorsqu'on s’abandonne au demi-sommeil, lorsque l’âme est libera et solula, lorsque les réducteurs antagonistes sont absents ou inactifs. Alors fleurissent les visions, tantôt fruits des hasards organiques, tantôt produits de nos idées fixes.

Parmi les théories hallucinatoires de la perception, À celle de Leibniz, là plus subtilement originale et la plus audacieuse, est la plus compréhensive et la plus conciliatrice.

Il y à bien un objet de la perception, mais il ne la cause pas. Elle est absolument spontanée, et la monade qui s'appelle Pierre, rigoureusement fermée à toute action extérieure, qu'elle prétende la. subir ou la faire, est uniquement et totalement l’auteur de toutes ses perceptions, de ses états les plus passifs, de ses douleurs.

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