SOLIDARITÉ ENTRE NÉVRAXE ET PERCEPTION
dispose du corps pour appliquer sa liberté à l’univers matériel, quand un système nerveux offre à l’action extérieure une pluralité de voies également ouvertes et de réactions également possibles, pour que l’esprit déclenche l’une d’elies. Autant de fils tendus de la périphérie à la périphérie, autant de questions posées et de réponses offertes à notre liberté, autant de perceptions. Autant de fils coupés, que ce soit de la périphérie au centre (nerfs « sensitifs ») ou du centre à la périphérie (nerfs moteurs), autant de systèmes action-réaction désorganisés. Si c'est le nerf dit sensitif qui est coupé, nous serons toujours capables des mêmes réactions, maïs notre corps perd tout un jeu d’actions extérieures capables de les occasionner, son aptitude à construire des réactions est diminuée %6 et une partie de la perception devient impuissante, perd sa raison d’être, est inconsciente #7.
En résumé, la perception et le souvenir, actes de liberté, ne sont jamais dus à la seule spontanéité de l’esprit. La perception est externe, étendue, localisée, elle est dans l’objet, elle est l’objet. Le système nerveux intervient dans la limitation et le choix de mes perceptions, il ne les fait pas. Les centres dits perceptifs sont des centres moteurs où, sous l’action de l’objet, s’organise la réaction. Il y a solidarité entre le jeu de ces centres et la perception parce que celle-ci a pour raison d’être la réaction que le système nerveux oppose à l’action du dehors. Quand les centres perceptifs sont lésés, le mécanisme s'enrichit aux dépens de la liberté dont le système nerveux est fonction, les centres n’organisent plus une réponse choisie à l’action du dehors, la perception perd sa raison d'être, elle n’a plus
et en philosophie même, il travaille et raisonne en idéaliste, il ne parle plus de la réalité extra-spatiale qu’il suppose sous la représentation, il raisonne et travaille sur le cerveau représentation et sur l'univers représentation; et, comme l’idéaliste, il n’a nul droit de mettre la représentation univers dans la représentation cerveau, le contenant dans le contenu. (Energie spirituelle, Le paralogisme psycho-physiologique).
Dans M. et M., Bergson se tient au point de vue idéaliste, et sa négation métaphysique du cerveau organe de perception est tout entière fondée sur l'argument précédent. — 56. Autant de perdu par la liberté, autant de conquis par l’automatisme et la mécanique. — 57. Les raisons grâce auxquelles le bergsonisme croit sauver la perception quand son impuissance est due à la section des nerfs moteurs sont celles dont il use pour éviter l’agnosie aux paralytiques et l’aphasie sensorielle aux aphasiques moteurs. Cf. p. 151-153.