PERCEPTION ET SOUVENIR : DIFFÉRENCE SPÉCIFIQUE
lieu. Les centres n’en sont pas pour cela les auteurs. Solidaire du névraxe, elle a pour auteur l’objet, elle est en lui, elle n’a lieu qu’en sa présence.
Le souvenir est un état purement spirituel, indépendant du cerveau et de toute matière. Tout notre passé se conserve et constitue l’inconscient psychologique. Un souvenir sort de l’inconscient quand le corps commence, devant un objet, l’action dans laquelle un souvenir peut s'intégrer. Le système nerveux n’enregistre le passé que sous forme d’habitudes motrices, et les centres dits imaginatifs sont chargés de commencer, en agissant sur les centres dits sensoriels, l’organisation de l’action du corps qui répond à celle de l’objet. Ils ne conservent n1 ne réveillent des traces cérébrales.
J1 y a une différence de nature entre la perception et le souvenir.
La perception est quelque chose de l’objet. Le souvenir ne s’actualise qu’à la faveur d’une perception, c’est-à-dire de la présence d’un objet convenable.
Perception et souvenir, malgré la liberté, malgré l’indispensable système nerveux, malgré les centres imaginatifs et perceptifs, sont incapables de constituer des perceptions sans objet et, une dernière fois, l’hallucination n’existe pas.
Bergson va la ressusciter et lui donner presque autant d'importance que Taine. Pour Bergson, en effet, percevoir n'est qu’une occasion de se souvenir et nous allons voir que le souvenir, dans le Bergsonisme même, est une perception.
« Nous ne percevons que du passé »%, Cette affirmation rapproche déjà la perception de l’hallucination vraie. Le sujet percevant applique sa propre durée à la matière et, de trillions de vibrations successives, fait un instant humain de lumière rouge. Mais cette mémoire constitutive de la perception, cette III° mémoire bergsonienne présente avec l’hallucination et même avec l’hallucination vraie une différence radicale : nous faisons notre perception avec