‹ Études sur l'hallucinationChapitre 19 sur 366 · INTRODUCTION ‘XXE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION ‘XXE

Tout en elle est endogène et interne, et il n'y a que pure illusion dans la passivité et l’extériorité de la perception.

Celle-ci a pourtant un objet et elle lui est exactement liée. Ce n'est pas cette Matière en qui nous avons si bizarrement foi. Etendue, temps, mouvement, matière, atomes et qualités sensibles n'existent pas et il semble que tout objet s’est évanoui devant la perception. Il n'en est rien et la destruction de la matière ne détruit pas l'objet : les monades. Hors de l’inexistante étendue, vit la multitude infinie de ces êtres purement spirituels, dont chacun, moi par exemple, a pour objet les autres, perçus avec l'infinie relativité qu'apportent l’espace, le temps, et les qualités sensibles, ces idées pures, créatrices de la matière, apparence ex monadibus resullans.

Une autre disgrâce atteint la perception ou son objet. Il ne la cause pas. Les monades sont sans relations, et la monade qui s'appelle Pierre développe d'elle-même et en elle-même, sans rien emprunter ou donner au dehors, ses perceptions aussi bien que ses images ou ses rêves.

Si pourtant les monades autres que mon âme sont les objets de ma perception, et la justifient de vouloir s'opposer aux images et aux rêves; si ma perception, tout en étant un rêve, est un rêve bien fondé, si elle a un objet qui, pour différent qu'il soit d'elle, est légitimement son objet, c'est parce que toute monade, dans sa spontanéité, a été créée représentalive de toutes les autres, de l’univers. Dans la pensée créatrice, toute monade, tout état de chaque monade a été créé compte tenu de tout le reste. Sans relations entre elles, les monades sont unies, dans l'intellect divin, par une exacte causalité; et si la perception est spontanée, endogène et interne, l’objet qu'elle a, son objet, est sa cause « objective ». Elle et lui doivent-à: Leibniz un lien dont aucun dualisme, aucune psychophysiologie n’atteint la perfection.

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