PAS DE PERCEPTION SANS OBJET
fissures d’une action relâchée et diffuse, lorsque, du fait d’un déséquilibre des mécanismes du cerveau, celui-ci ne permet plus la sélection pour la conscience des seuls souvenirs utiles et l’oubli des souvenirs superflus ®, alors des souvenirs quelconques se poseront sur des perceptions quelconques, la matière recevra de la mémoire les formes les plus inattendues, le rêveur ® prendra ses phosphènes pour un ruissellement de pièces d’or, et le fou un bruit banal pour une insulte obscène. Mais toujours, pour que les images se projettent et se matérialisent, il faut que le support plus ou moins dissimulé d’un objet réel et d’une perception brute leur soit offert.
Divers auteurs ont cru exécuter en se jouant le bergsonisme. Il ne s’en porte pas plus mal et mérite, au lieu d’inoffensives violences, l’étude positive de points particuliers, Nous avons choisi l’hallucination et il n’est indifférent ni pour elle ni pour le bergsonisme que Bergson uit été conduit à séparer radicalement le souvenir de la perception, puis à les identifier; à nier l’hallucination, puis à lui donner presque autant d'importance que Taine. Comme lui, comme les autres, il a fini par subir son empire.
89. 82, 83, 96, 198. — 90. Cf. Le Rêve, théorie périphérique. V. aussi l’Illusion des amputés, in Etudes sur les Hall, II.