‹ Études sur l'hallucinationChapitre 194 sur 366 · LES VISIONS HALLUCINATIONS DIVINES · texte numérisé non relu

LES VISIONS HALLUCINATIONS DIVINES

ses mécanismes humains, ces derniers conduisant à la deuxième concession thérésienne,

» 2° Si nous consentons, avec la science, à regarder du dehors les états mystiques, nous y voyons toujours, comme vous, des défaillances. Les extases sont des syncopes et les visions des hallucinations. Quand Dieu vient réconforter par une vision, il n’envoie pas Jésus ou un double métapsychique de Jésus; il ne crée pas non plus dans l’âme une perception originale et correcte de Jésus absent ; il actionne directement, dans la mémoire, dans l’inconscient psychologique, les souvenirs concrets de Jésus, tels que le sujet les a acquis devant les statues, les tableaux et les livres; et c’est avec ces images que Dieu fait une apparition. Endormies dans l’inconscient, elles descendent alors vers les organes des sens, comme disait jadis la neurologie scolastique, des centres imaginatifs vers les centres perceptifs, suivant une façon de parler de votre Bergson. C’est exactement ce qui se passe dans l’hallucination ; et l’apparition de N. S. ou de N. D. en est une. Nos visions intellectuelles ne sont peut-être alors que vos sentiments de présence, peut-être même se réduisent-elles à vos hallueinations psychiques, nos visions imaginatives n’étant que vos hallucinations sensorielles. Mais, permises par Dieu quand elles sont morbides, elles sont causées par Dieu quand elles sont divines. Le mystique ne se dissimule pas la similitude d'aspect des deux types d’hallucinations. Mais différentes par leurs effets, il estime qu’elles diffèrent par leurs origines; et s’il ne prétend pas percevoir la cause divine de ses visions, il l’expérimente, l’éprouve, sic experior. Il sait enfin que cette conscience de l’origine ultra-personnelle et surnaturelle d’un acte psychologique peut être trompeuse, peut être délirante aussi; et quand il recourt, pour certifier ses certitudes, au don de discernement et à la foi, il se rappelle, avec Spinoza et Leibniz, que la certitude morale est autre chose que la certitude scientifique, ou même métaphysique ».

Cautissime, disait Gerson, donnant ainsi une devise à l’observateur des visions. Dans la suite de ce travail, nous développerons, parmi d’autres, les idées que nous venons de prêter aux théologiens mystiques et à sainte Thérèse. Si

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la théorie thérésienne et théopatique des visions nous a paru posséder ces parts de vérité, c’est parce que l’ouvrage fondamental de M. Delacroix nous avait incité à les y chercher.

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