‹ Études sur l'hallucinationChapitre 210 sur 366 · FRUITS DE L'EXTASE : LES VERTUS CHRÉTIENNES · texte numérisé non relu

FRUITS DE L'EXTASE : LES VERTUS CHRÉTIENNES

comment une élévation du sujet au-dessus de son degré habituel de moralité et de force, d'intelligence et de volonté, succède à cette préalable et profonde chute de tension, on se retrouve devant la question de la sainte : voici deux extases extérieurement semblables et soutenues par les mêmes convictions; l’une exalte toute la santé, l’autre abaisse intelligence et action. Pourquoi ? Deux religieuses entrent en extase aux sons du Ven: Creator; l’une a une extase pathologique, dénoncée par de fâcheux effets, l’autre une extase divine certifiée par des progrès spécifiques. L'effet naturel d’une extase naturelle est une chute vers un peu plus de maladie, et quand une extase aboutit, non seulement au plaisir et à de bonnes intentions, mais à un progrès effectif et chrétien de l’action 1, elle n’est pas un accident malgré quoi se ferait le progrès, elle est sa condition ; elle diffère spécifiquement de toute extase naturelle.

Il ne faudrait pas trop faire dire à Thérèse que l’extase divine se distingue de l’extase naturelle par ses heureux effets physiques. Dans un passage de la Vie, elle ne nuit pas à la santé, tout au contraire; mais non loin de là, la sainte nous apprend qu’au sortir de l’extase, les aptitudes physiques et psychiques restent réduites pendant deux ou trois jours. Souvent, le sujet souffre et se trouve plus affaibli que par les plus effrayantes austérités. Mieux vaut, pour qui aspire à la sainteté, les pires douleurs que les faveurs extatiques; la douleur n’affaiblit pas comme le fait la suspension des puissances dans la contemplation À.

3. — Dans les ravissements, Dieu envoie des visions. Si elles n’ont pas lieu, ce ne sont pas des ravissements À.

Il ne faut pas s’exagérer l’importance que la sainte attribue à ce symptôme. Elle répète que les mélancoliques, les débiles, les mortifiés à défaillances sont précisément ceux qui croient sans cesse voir et entendre Dieu. La vision n’est donc pas un indice suffisant de la divinité de l’extase.

11. Je ne crois pas devoir revenir indéfiniment sur les particularités du « rendement » des mystiques officiels et sur la stérilité d’une Guyon ou d’une Eddy. Pour un catholique, les cathédrales et les dollars de la Christian Science ne sont que caricatures pathologiques auprès du tout petit monastère d’Avila et de sa cloche de trois livres. — 12. Vie, XVIII, XX, XL. Pensées sur le Cantique, VII, Vie, XXXVIII. — 13. Château, VAUT

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