LES SÉCHERESSES
changeons en poison tout ce que nous touchons; on n’ose pas méditer ces textes sacrés, ils provoquent le scandale ou le rire; et combien peu sont capables de l'attitude convenable devant la majesté de ce chant : l’effroi!
Sainte Thérèse semble avoir eu toute la vie sexuelle compatible avec sa profession, et sans refoulements manqués. Sa connaissance de ce domaine fait honneur à sa perspicacité et à son bon sens. Elle à pratiqué l’amitié, la tendresse, Une seule lacune : les tentations, les scrupules ; ce qui ne l’a pas empêchée de soigner utilement leurs victimes. Rien de tout cela ne fait soupçonner des dessous érotiques à ses visions. Quand elle aura le spectacle de toute la très sainte humanité, quand N.-S. viendra s’asseoir auprès d'elle, l’épousera, tombera dans ses bras, ce sera toujours N.-$. gloriñé, ce sera toujours le Sauveur; et dans les moments d'intimité, l’Epoux du Cantique ne sera jamais l’amant... ou l'enfant.
LA PSYCHASTHÉNIE
Elle l’appelle Sécheresses et sa description est de la clinique mentale.
SYMPTÔMES. — Après un effort, une joie, quand l’âme est frappée de sécheresse, elle est naturellement privée des faveurs divines et souvent accablée de peines extérieures. Mais là n’est pas l’essentiel, car l’absence de Dieu et les tribulations vont souvent sans la moindre psychasthénie.
L’âme qui la subit perd avant tout la paix intérieure, elle ressent une impuissance entière à avoir de bonnes pensées, de bons désirs, des désirs tout court. Elle ne peut penser, elle ne peut agir, elle ne peut aimer. Tout l’effraie, tout l’irrite ou l’accable. Les grâces passées sont oubliées ou ne sont plus que de vieilles erreurs, de trompeuses rêveries. Mille doutes, mille soupçons traînent ou s’agitent dans la conscience. L'âme n’est plus capable que de péchés; elle est menteuse, elle trompe les confesseurs, elle est cause de toutes les hérésies, de tous les maux. Elle n’aime plus Dieu et, qui sait ? peut-être ne croit-elle plus. Peut-être retourne-