‹ Études sur l'hallucinationChapitre 22 sur 366 · INTRODUCTION XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXV

La perception est matière, la matière est conscience, la perception est objet. La matière, contrairement aux vues d’une science superficielle, a l'hétérogénéité qualitative de la perception, et le rouge-objet n’est pas essenüellement différent du rouge-perception, les vibrations éthérées ont les couleurs du spectre; le mouvement est un changement de qualité; tout n’est pas calculable dans la matière, et la liberté y a sa part, l'avenir ajoute du nouveau au passé dans la matière comme dans l'esprit.

Si la matière est perception, la perception est matière. Elle est extérieure, située, étendue, et la sensation de couleur est couleur elle-même. Le point P est une perception visuelle, et ce qu'il faut chercher, ce n'est pas comment la collaboration du percevant et du perçu abou- Ut à doubler la matière d'une perception qui l’imite en différant spécifiquement d'elle, c'est comment la perceplion appelée le point lumineux P fait ou non partie de ma perception. On trouve que la perception consciente de tel sujet a pour raison d’être la réaction de son corps à l'action de l’objet, lorsque cette réaction échappe au mécanisme, c'est-à-dire lorsqu'un système nerveux, arraché à la matière par l'élan vital et la liberté, offre à l’action extérieure une multiplicité de voies également ouvertes et de réactions également possibles,

Point de contact entre l'esprit et l'objet, partie de l'objet, la perception interdit l’hallucmation.

Le souvenir ne l’exclut pas moins. Bergson proclame avec une sorte de solennité la radicale différence de nature qui sépare l'image de la perception, et les désastres métaphysiques causés par la croyance à une simple différence de degré, par la théorie de l'hallucimation vraie. À l'inverse de la perception, le souvenir est inétendu, non localisé, ultra-cérébral et ultra-spatial; 1l n’a rien de ce qu'il faut pour prétexter l'hallucination.

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