‹ Études sur l'hallucinationChapitre 225 sur 366 · SÉCHERESSE : MALADIE PURIFICATRICE · texte numérisé non relu

SÉCHERESSE : MALADIE PURIFICATRICE

détachement du créé, le souci de Dieu et l’impossibilité de méditer, Toute bourdonnante de doutes, l’âme ne se mêle pas à la dispute; elle s’abandonne, attend et prie. C’est cette irréversibilité, cette stabilité, ce progrès constant dans le flux et le reflux de la vie affective qui fait des sécheresses quelque chose de distinct des psychasthénies vulgaires. Nous y sommes, disent les mystiques, détachés des bras maternels; nous voilà contraints de marcher seuls, et nous marchons. Pourquoi, puisque nous sommes paralysés, ne tombons-nous pas et progressons-nous ? C’est parce que toute cette aridité, cette hébétude, cette langueur, n’est pas maladie mais « soupir après le baiser » 7, c’est parce que cet état contient un élément caché, une forme dissimulée de l’amour et de la contemplation À.

CoNDUITE A TENIR. — Epreuves purificatrices fondées sur notre périodicité affective, phases et formes du progrès dans la douleur, autrement efficaces que les facilités et fragilités de la joie (se maintenir dans la société du Christ est surtout difficile dans les moments heureux) %, quelle conduite à tenir réclament les sécheresses ?

1° Servir le corps, le nourrir, le reposer, le distraire.

2° Continuer de tourner la noria, même si le seau remonte vide. Sarcler le jardin sans fleurs. Multiplier les actes de foi, les formules, les petites œuvres matérielles.

3° Rester fidèles à l’oraison sans discours n1 réflexion, même infestée de distractions. Ne pas revenir à la méditation, surtout à celle que prescrivent ici les mauvais maîtres : celle qui vise à la connaissance de soi-même.

SYNTONIE

Mon maître Chaslin, quand un névropathe n’était ni un hystérique, ni un psychasténique, ni un schizophrène, disait avec résignation : « encore un détraqué ». Sainte Thérèse n’est pas une hystérique, et peut-être même n’a-

17. Saint Bernard, in Poulain, 497. — 18. V. surtout Maréchal, Etudes de Psychologie des Mystiques, I, 205; et Picard, Rev. d’Ascétique et de Mystique, avril 1920. — 19. Vie, XII. ;

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