GOËTS MONDAINS. CALCUL, CHOIX DU CLOÎTRE
t-elle pas eu d'accidents hystériques; ses sécheresses s’écartent fort de la psychasthénie et ne l’ont pas plus affectée que tant de sujets à grand rendement; elle est tout le contraire d’une schizophrène sans avoir jamais été une maniaque; a-t-elle choisi quelqu'autre façon d’être détraquée ?
Sur son enfance et son adolescence, elle nous dit des choses fort intéressantes. Toute enfant, elle est fort pieuse, elle fait l’aumône, elle a la double velléité de s’enfermer dans la solitude d’un ermitage et d’évangéliser les Maures ; adolescente, elle aime les romans et la parure, elle apprécie fort la société de ses frères et de ses cousins; confidence instructive, elle sacrifiait ses jeux aux leurs; elle a raffolé d’une amie divertissante et multiplié les amitiés masculines ; elle à usé de complicités ancillaires; on à fini par la mettre au couvent. Il est vrai que c’était pour des raisons étrangères à sa conduite, qui n’inquiétait aucun dévot. Un extraordinaire sentiment de l’honneur, qu’elle condamnera plus tard, la mettait à l’abri de toute chute,
Chez les Augustines l’attendaient récréations, gâteries et visites. Elle s’y plut et s’y fit une amie qui diminua son « aversion » pour la vie religieuse. Vint une maladie, aux longues méditations. Elle est attentive aux leçons du saint oncle Pierre, elle lit, elle discute et, tout pesé, elle conclut que l’état religieux est le meilleur. Alors, sans joie, elle décide de l’embrasser et engage son honneur dans l’affaire. Elle parlera plus tard de ces gens qui se détournent de la religion parce que c’est une morale et qu’elle demande des choses difficiles. Entrer en religion est le plus raisonnable ; elle n’est pas de ceux qui trouvent d’excellentes raisons d’écarter ce qu’ils n’ont pas envie de faire ?, Le combat contre la nature commence; il est rude. Malade, fragile, mondaine, tiendra-t-elle ? Aidée ou non par la pensée de l'assistance du Christ — elle ne sait — mais déterminée à ne pas reculer, elle cherche en vain à réduire la tendre et obstinée résistance paternelle, Une seule solution reste possible, le coup de force féminin, la fuite. Un matin, entraînant son frère, elle quitte en larmes la maison et se réfugie à l’Incarnation. Le père approuvera.