‹ Études sur l'hallucinationChapitre 232 sur 366 · SERVIR · texte numérisé non relu

SERVIR

Au plus haut, dans l'intimité du Mariage spirituel, quand l'union avec la Trinité est presque permanente, quand est atteint le stade suprême : l'indifférence aux succès et aux échecs ; quand aucune souffrance n’est capable d'entamer la paix ; elle ne demande plus à mourir pour aller dans la Patrie, elle ne sollicite plus les souffrances, elle a perdu sa sensibilité de jadis aux images et à la musique, elle est au-dessus des défaillances de l’extase, Le désir des consolations est amorti ou éteint, elle n’a plus d’attrait pour les pénitences et ne s'en impose guère, elle n’a plus de répugnance à manger, dormir, tenir en bon état ses outils de servante de Dieu; mieux que jamais, elle vit la vie naturelle, rationnelle et sociale ; elle est rendue à la terre.

Cette complexe syntonie, c’est l’application réussie, très savante, de préceptes très généraux : unir la magnanimité à l'humilité, la discrétion à l’audace, l’obéissance à la fermeté, la prudence du serpent à la simplicité de la colombe ; et d'innombrables faits, une chaîne continue de faits, montrent qu'au long de ses soixante-sept ans, Thérèse a fondu à des maladies incessantes mais correctement jugées, à un foisonnement d’extases soigneusement critiquées, une activité mentale et extérieure supérieurement saine, rebelle à tous les diagnostics.

Elle ne tente d’ailleurs rien d’extraordinaire, elle ne vise pas au miracle, elle ne rêve pas de nouveaux dogmes, elle ne veut rien imposer à ses supérieurs, elle n’est jamais allée à Rome, elle ne veut que grouper des religieuses fidèles à une très vieille règle, et fonder de tout petits couvents sur de très vieux modèles, C’est tout ; elle ne revendique même pas les idées fondamentales : fonder et fonder sans revenus. Elles lui viennent de Marie de Ocampo et de Marie de Jésus ; elle apporte l’énergie, le caractère et le talent d’organisation. Quant à ses écrits, ils lui sont imposés ou demandés; elle n’interrompt pour eux ni ses entreprises, ni sa correspondance, ni ses exercices; elle ne leur sacrifie que les joies de ses oraisons, et elle est brève. Elle mérite l’'hommage de la Franciscaine et du Père Hernandez.

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