LA FOI
imperfectissime #, adhésion à des mots %, théorie aux principes inévidents Ÿ, insatisfaction et inquiétude perpétuelle de la raison 8, En réalité, quand la foi est mystique, elle rejoint Ténèbre et Présence, elle est la Ténèbre et la Présence. La vie mystique est une forme de la foi. Quand la foi atteint une tension suffisante, elle devient la perception ténébreuse.
À ce niveau, elle n’est plus fondée sur des motifs historiques et rationnels qui tour à tour la protègent et la menacent; elle en est indépendante, elle s’épanouit sur un autre plan d’où le croyant peut s'intéresser sans risques aux objections, les fortifier même et en inventer. Elle s’isole de l’entendement, elle devient son propre témoin; révélée, elle est révélatrice, les Livres sont quod et quo creditur. Elle écarte les lumières des sens et de la raison, appuis factices d’une foi artificielle et provisoire, obstacles à la foi pure, à la foi nue; elle s’aveugle à leurs lumières, elle s’en libère, Il se trouve alors qu’elle domine la raison, l’éclaire et la nourrit, lui donne l’aptitude à s’incliner sans réserves devant le révélé et à exploiter ses trésors. Elle est la garantie du mystique, sa Science #.
Si cela est possible, si le savant paisible et autonome se fait l’ardent serviteur de la théologie, c’est qu’il a découvert que la raison raisonnante est le plus bas emploi de l’intelligence. Au-dessus des sens et des élans désordonnés de l’affectivité, il y a la raison. Dans son genre, dans son rôle d’organisatrice de la matière, de psychologue, de maîtresse des sens et de l’affectivité, elle est excellente; et le mystique la cultive, évite continâment de négliger ses règles. S1 elle accepte le contrôle de la foi et laisse dire « la Raison éclairée par la Foi », c’est qu’elle ne parle pas de la foi raisonnante et sensuelle, mais de la foi mystique, supérieurement 2ntellectuelle, spirituelle, fides illustrata donis.
Au-dessus de la Raison, ce defectus Intellectus, le mystique se découvre des aptitudes à l’Intuition intellectuelle, des fonctions spirituelles malheureusement moins perfectionnées et moins maniables que le vulgaire instrument à
35, 36, 37, 38. Joret (d’après saint Thomas), Vie spirituelle, 1920, 91-107. — 39. Gardeil, L. c.