‹ Études sur l'hallucinationChapitre 246 sur 366 · ULTIMUM POTENTIÆ · texte numérisé non relu

ULTIMUM POTENTIÆ

antea credita ‘; il s’est élevé à l’état immédiatement préliminaire à la mutation de la foi en vision : immersion en Dieu quant à la substance, tangence quant à la connaissance, appel et plainte inexplicable puisqu'il est là $, présence étrange qui laisse subsister l’appel, vains efforts pour se faire comprendre, présence comparable à celle de son lieu pour la pierre qui tombe ®, dispositio praevia ad formam que les scolastiques faisaient émaner non du sujet mais de la forme à naître , proximité inexprimable 61. Quand on lit dans Fénelon que « la Contemplation est quelque chose de très simple : un tissu d’actes de foi et d'amour » ®, il faut se rappeler que ce ne sont pas des actes intellectuels et affectifs ordinaires et supérieurement transformés ou pathologiquement déformés ; mais que cette certitude et cette securitas sont du domaine des vertus, sont des fruits spécifiques du catholicisme, des infusions surnaturelles, substantielles, la condition très spéciale, et dont la psychologie n’a pas l’équivalent clinique, de cette forme d’union et de présence qui s'appelle depuis 1500 ans la Ténèbre, et où l’intelligence humaine, sans rien percevoir de Dieu, est infiniment près d'y réussir.

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Cette quasi-expérience, cette quasi-perception, cette inexprimable proximité, cette présence intangible et pleine, nous l’éprouvons et en tirons profit dans des états qui vont de l’oraison de simplicité au Mariage spirituel en passant par l’extase.

On s’est extraordinairement exagéré les prétentions de l’extase et du Mariage spirituel. Leur union à Dieu n’est pas une transformation en Dieu, et leur expérience de Dieu n’en est pas une perception. À mesure que les effusions se disciplinent, l’enthousiasme apprend à respecter les principes du christianisme et de la raison; le délire et

57. Suarez, in Saudreau, Etats mystiques, 76. — 58. Château, VI, II. — 5% Jean de la Croix, Cantique, Str. XI. — 60. Saint Thomas et Jean de Saint Thomas, in Gardeil, II, 264 — 61. Château, VI, II. — 62. Maximes,; in Farges, Théologie myst., 1, 161-162.

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