PAS DE « QUIÉTUDE » ACTIVE
progrès, nous n’y trouverions que stupidité 5, Bien plus, notré imagination n’en serait que plus inquiète, et nous présenterait les illusions de la mélancolie. Ne vouloir penser à rien est lancer l'esprit dans le bizarre et les divagations, S’immobiliser est enfin un effort, une contrainte, une affirmation de soi; ce n’est pas l'abandon et l’oubli, préludes de la Contemplation #.
Si notre calme attente en la société d’une tendre vérité de foi est récompensée, nous aurons un jour une surprise. Nous verrons nos sens répugner à leur travail ordinaire, et notre pensée perdre sa multitude; méditer nous sera à charge; la vue paisible et sans commentaire de J.-C. au Jardin nous occupera pendant des mois; pendant des mois, un verset seul et nu, une affirmation : « Dieu est aimable », un mot : « Pater », nous 1lluminera et nous échauffera d'une flamme solitaire et immobile l.
Nous n’avons pas voulu cela, nous ne l’avons pas cherché, ce n’est pas une suspension active et artificielle, ce n’est pas l'effort qui crée l’idée fixe ou la rêverie, c’est un repos, une lumière et une joie. Ni voulu, ni obtenu par nos propres moyens, nouveau, surprenant, étrange, il nous inquiète. Qu'est cette « oisiveté », cette « impuissance à prier », cette paisible halte dans quelques rares pensées tièdes et claires ? Nous l’ignorons, et dans notre inexpérience, nous aceusons volontiers le démon et nos fautes, nous nous efforçons de revenir à l’état où l’on médite, et quelque maladroit confesseur, entrant dans nos vues, va peut-être écraser la Contemplation naissante sous un fatras d'examens de conscience À.
Comment savoir que Dieu fait, infuse cet état, et qu'il commence d'y découvrir sa présence, à défaut de sa personne ? Nous ne le saurons jamais avec certitude mais nous aurons des indices,
C’est la suavité de cette quiétude. Maïs de simples sentiments de dévotion qui gonflent le cœur et font couler les larmes peuvent ici nous tromper, bien que l’expérience amène à discerner, à travers le plaisir sensible décroissant,
15. 1btd., XII. — 16. Château, IV, III. — 17. Relation 54; Château, VI, VII. — 18. Vie, XIII.