UNION AVEC LE DIEU PRÉCIS
vive. Encore une fois, elle est immédiate. C’est un point capital #4. Elle est même un élément de l’Extase; si la certitude manque, ce n’était pas une union #. Dieu donne à la fois l’union et la certitude #. D'où vient celle-ci ? Comment ce que nous n’avons pas vu peut-il donner à l’âme expérimentée et méfiante pareille sûreté ? « Je l’ignore. C’est l’œuvre de Dieu. Tout ce que je sais, c’est que je dis vrai » # : « Les personnes expérimentées verront que J'ai été exacte » #.
La présence et la ténèbre, la nuit, l’extase, l’union à Dieu dans l’inconscience, l’intuition inconsciente de Dieu, n’est pas le suprême état terrestre.
A lire saint Jean de la Croix, on comprend qu’il ait fallu le défendre d’avoir vu dans la Nuit un état terrestre parfait où une Foi pure, nue, informulée, se confond avec la Ténèbre, où la Ténèbre devient un Dieu sans mode, transcendant au Christianisme, où le mystique inconscient est transformé en ce Dieu d’hérésie.
Dieu sans mode et Nuit ne sont que les noms, l’objectivation du néant psychique auquel doit se résoudre tout sérieux candidat aux opulences de la patrie, auquel Dieu porte l’âme à l’instant où 1l se donne à elle. La présence livrée à l’âme dans l’inconscience, le Dieu en qui elle est plongée et dont elle est remplie, sans plus le sentir que l’éponge morte ne sent l’eau, est le Dieu personnel et précis que présentent correctement les textes révélés. La Nuit est le seul moyen, et la Ténèbre le seul mode d’union terrestre avec un Dieu que les précisions de la foi représentent mais ne montrent pas, et laissent —— pénétrées dans leurs profondeurs —— entièrement voilé.
Au ciel, il sera perçu avec plus ou moins de détails; ici-bas, il ne nous donne sa lumière et sa forme que dans l'état que nous appelons Ténèbre ; et quand elle se peuple de fulgurations, ce n’est plus Dieu qui apparaît, ce sont des dégradations à forme humaine, des visions et des paroles.
Si on a perdu quelque chose de l’œuvre du saint, ce n’est pas on ne sait quelle hérésie qui viderait Dieu de
41. Ibid, — 49, Ibid, — 43. Ibid. — 44. Ibid. et VI, II. — 45. Vie, XXVI.