‹ Études sur l'hallucinationChapitre 28 sur 366 · LA PERCEPTION SE LIBÈRE DE L'OBJET · texte numérisé non relu

LA PERCEPTION SE LIBÈRE DE L'OBJET

trop certaine nous interdit d’en douter. Nous n'avons d'idées que s’il y a hors de nous une cause de ces idées. Elles sont des êtres représentatifs; leur réalité objective requiert une réalité formelle, la réalité objective de l’idée du rouge exigeant au dehors quelque chose qui soit formellement rouge. L'esprit est satisfait lorsqu'il trouve à ses concepts une cause extérieure, lorsqu'il appuie l’objectif au formel.

Cette cause des idées est la matière. Chacun trouve en soi, clairement et distinctement, que la substance étendue est la cause suffisante des sensations; et ce n’est que du bout des lèvres que nous pouvons leur feindre une autre cause, Mais il faut avouer que si on se laisse aller à l’idéalisme cartésien, et si on tient pour préjugés les raisons de croire que le corps existe, cette évidence sera inefficace ; on ne croira pas avoir besoin d’une cause extérieure de nos idées et, si on consent à l’accueillir, pourquoi serait-on contraint de la croire matérielle ?

Le Court Traité, avec des défaillances, affirme déjà qu’il ne passe rien entre la Matière et la Pensée, et le personnage antipathique des dialogues convient lui-même que la substance pensante n’a rien de commun avec la substance étendue ?. Un peu plus loin, le panthéisme apparaît pour un motif tout paralléliste : s’il y avait des êtres distincts, si toutes choses n'étaient pas un même être, les substances prétendues distinctes n'auraient rien de commun entre elles et ne pourraient s’unir ?. Plus tard encore, quand le Dieu qui totalise l’univers aura été doué d’une infinité d’attributs, l’impossibilité de l’interaction se glissera entre eux; les attributs de l’être unique seront aussi incapables d’interagir que s'ils étaient des substances distinctes, et l’idée que des choses appartenant à des attributs différents n’ont rien en elles les unes des autres est même un axiome 4. Paralléliste aussi l'affirmation qu'il n’y a ni volonté ni entendement, mais seulement des idées, et, simples aspects des idées, des volitions 5 : Si la volonté et

1. Pr., I, observation. — 2. C. T,, 1er Dialogue, 1, 4 — 3. çC: ke

I, II, 17, 20 ét note. — 4. I, VII, 1, note, et Appendice, Ax. 4 et 5. — 5. Il XVI, note à 3.

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