LES LOCUTIONS « INTELLECTUELLES
dans ces longues séries de mots, des locutions « sans paroles », « sans images ».
« J’ai cru entendre ce qui suit, bien que ce fût sans paroles : nous nous replaçons si vite au milieu du nuage de poussière soulevé par nos misères, nos fautes, les obstacles, qu’il ne nous est guère possible de conserver toujours cette pureté que possède notre esprit quand il s’unit à Dieu. Cet état serait trop éloigné de notre extrême misère, trop élevé au-dessus d'elle » #, Un peu plus tôt, semble-t-il, dans le Château, dans le chapitre sur les paroles de N.-$. à l’âme, après avoir traité des paroles imaginatives, elle poursuit : « Dieu parle d’une autre manière que je regarde comme très sûre : c’est dans une vision intellectuelle dont je traiterai plus loin. Cela se passe dans l’intime de l’âme, on entend des oreilles de l’âme, d’une manière à la fois claire et secrète, le Seigneur lui-même prononcer ces paroles ». « On n’en peut retrancher une syllabe; on se souvient que telle a été employée ». Voilà des locutions intellectuelles sans paroles dont on ne peut retrancher un mot.
Sainte Thérèse divise nettement son chapitre en deux : d’abord les locutions « imaginatives », avec leurs marques d'authenticité, ensuite les paroles perçues « en vision intellectuelle, prononcées par N.-$S., entendues des oreilles de l’âme de façon claire et secrète ». Cette division du chapitre ne permet pas de penser à une répétition, et il ne contient plus rien sur ce qui est perçu intellectuellement. Thérèse traite ici de deux grands groupes de locutions; or il n’y en a que deux, « imaginatives, et intellectuelles »; les paroles « prononcées par N.-S., et entendues des oreilles de l’âme », sont donc des « locutions intellectuelles ». Certains exposés de N.-S., dont pas une syllabe n’est perdue et qui ont été reproduits mot à mot, doivent être des locutions « intellectuelles », sinon il ne faut plus féliciter Thérèse, avec tous les partis, d’être bonne observatrice et fine psychologue.
On voit que le III° groupe des visions thérésiennes n’a généralement rien de commun avec le classique sentiment