‹ Études sur l'hallucinationChapitre 312 sur 366 · ATTITUDES DEVANT LES VISIONS · texte numérisé non relu

ATTITUDES DEVANT LES VISIONS

« On dirait que ce seul nom de vision ou révélation épouvante certaines personnes. Je ne sais vraiment ce qui leur fait regarder ce chemin comme si dangereux, et d’où leur vient cette émotion... Vous scandaliseriez moins un confesseur en lui disant que le démon vous a suggéré mille extravagances que si vous lui déclarez que J.-C. vous est apparu » Î.

Cet eftroi s'explique, rien ne ressemblant plus à une apparition céleste qu’une contrefaçon démoniaque ou une vulgaire hallucination naturelle. La distinction est difficile, la certitude est peut-être impossible, et l’erreur coûte cher; on y joue son salut,

De tout temps, il y a eu des purs, des ultras, qui n’ont pas hésité : il faut rejeter toutes les visions, il faut avoir un « saint mépris, une haine sainte pour ces choses... Si les âmes tenues pour le plus extraordinaires par leurs révélations revenaient, elles les effaceraient toutes » ?. « Le Sens », celui qui nous fait percevoir Dieu, ne jouit de rien qui délecte les sens, visions, rêves, contacts. Que personne ne s’attende à voir paraître à ses yeux la gloire de Dieu. S'il apparaît dans une forme de lumière, si une voix se fait entendre, c’est une tromperie évidente de l'ennemi. Chacun sait qu’il n’y a pas de place pour les visions dans les œuvres du père de la mystique, et, mille ans après Denys, après tant de visions consacrées, après sainte Thérèse elle-même, Jean de la Croix reprend la condamnation : Dieu a parlé, mais autrefois, sous l’ancienne loi. Avec le Christ, 1l a tout dit, il ne dira plus

1. Fondations, VII. — 2. Osende, les Etapes; Vie spirituelle, VII, 1921, 248-249, — 3. Diadoque de Photicée cité par G. Horn, Revue d’Ascétique: et de Mystique, X, 1927. 406.

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