‹ Études sur l'hallucinationChapitre 325 sur 366 · VISION EXPLIQUÉE : VISION MORBIDE · texte numérisé non relu

VISION EXPLIQUÉE : VISION MORBIDE

lui dans la solitude du Jardin, elle considère son front et brûle de l’essuyer; elle a le don des larmes. Mais Thérèse nie son imagination; cette faculté est « inerte » en elle... elle ne peut se représenter les objets, l'humanité du Christ, ses traits Ÿ. Elle n’est pas sensible, elle est dure, elle ne se plaint pas quand elle souffre f, elle déteste les dévotions niaises et les pratiques qui charment les femmes’, elle exclut de la mystique ces sentiments de dévotion qui font sangloter où pousser des cris, elle ignore les tentations charnelles, elle sait efficacement que l’amour spirituel s’épanouit dans les œuvres, la souffrance et le sacrifice, et non dans la jouissance et la rêverie. Ce que le tempérament et l'émotion favorisent, ce sont les contrefaçons mystiques, les pâmoisons et les hallucinations, caricatures des visions et des extases. |

Thérèse, qui insiste si souvent sur les hauts et Les bas de la vie fervente, les euphories et les sécheresses, semble peupler de visions ses états affectifs heureux plus que ses psychasthénies, et ses périodes d’action presque autant que ses phases contemplatives. L'époque de la contradiction des gens de bien, douloureuse maïs sans psychasthénies, la fondation de Saint-Joseph, la fondation de Séville sont constellées de visions. Elles désertent les sécheresses, phases de vide. Le démon paraît sans doute s’y complaire et la sainte étudie précisément ses assauts en même temps que les psychasthénies Ÿ; mais on la voit plutôt opposer au diable une résistance gaie, Les visions des sécheresses sont avant tout des visions consolantes ; elles les terminent ou les interrompent, les transfigurent en santé.

Toute sa psychologie de l’affectivité, de l’imagination et de la sensation, elle l’emploie pour en libérer les visions divines, et pour y soumettre les visions pathologiques.

Indépendantes des humeurs, les apparitions se glissentetles dans la lâche rêverie de la Contemplation, ou forcentelles la trame serrée de l’action ?

D'abord une affirmation générale. Toute sa vie ses visions et locutions ont répondu à ses préoccupations du moment,

5. Vie, IV. — 6. Relation 3. — 7. Vie, VI; Hist., I, 439. — 8. Vie, XXX et XXXI.

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