‹ Études sur l'hallucinationChapitre 347 sur 366 · SOUVENIRS ACTIVÉS PAR DIEU · texte numérisé non relu

SOUVENIRS ACTIVÉS PAR DIEU

ordonne, sont souvent causés par Dieu, qui encourage ainsi et fortifie les âmes faibles, secundum modum eorum À.

Si Dieu fait une vision en violentant le moins possible la nature, la vision « imaginative » thérésienne est le réveil d’une image; mais ce réveil enveloppe une action directe de Dieu sur le matériel et le travail de nos puissances évocatrices. Ces faveurs surnaturelles, presque les plus basses, Dieu les fait dans, par et avec l’homme naturel; et si elles sont appelées « extraordinaires » c’est grâce à leur origine première, Dieu travaillant directement notre substance, notre âme, notre imagination, notre inconscient si l’on veut. En elles-mêmes, abstraction faite de l’origine et des effets, elles ressemblent infiniment aux hallucinations des malades.

Dans une perception réelle, Dieu fait agir l’objet extérieur sur nos sens; dans une perception « imaginative » aucun objet, surnaturel ou métapsychique ne nous est donné, aucune espèce nouvelle n’est introduite dans notre imagination ; la parole ou la vision est élaborée par notre machine pensante, Dieu déclenchant l’action de l’objet interne : l’image incluse dans l’inconscient. /stae apparentiae externae possunt feri dupliciter, aut per elicientiam visionis externae, aut per elicientiam imaginativae quae putat seu judicat se videre externe, quatenus species intus existentes descendunt circa organa sensuum.….. et ab illis mota phantasia putat se widere visu externo, quia ab 1pso visu movetur, 1d est a speciebus descendentibus circa visu ÿ.

C’est toujours le mécanisme hallucinatoire qui joue; et selon qu’elle est voulue ou permise par Dieu pour le bien, pour la maladie ou pour le mal, la même perception sans objet est une vision céleste, une vision démoniaque ou une hallucination morbide. Sauf miracle, quand Dieu veut nous faire jouir de sa présence, la manifester, nous montrer quelque chose du ciel ou nous parler, il ne crée pas en nous des mécanismes nouveaux. Il reprend à la nature le vulgaire sommeil, l’humble rêve et l’artificieuse hallucination, et

4. Jean de la Croix, Montée, III, II, XXV. — 5. Jean de Saint Thomas, — C'est le « comment » demandé par Thérèse.

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