LA FAUSSE PASSIVITÉ
l’œuvre d’une volonté particulière et d’un travail direct de Dieu dans notre âme.
Comment les distinguer des hallucinations pathologiques ?
« Les marques auxquelles on peut y reconnaître l’action de Dieu sont si nombreuses, qu’à mon sens il est impossible de la méconnaître... Qu’elles soient imaginatives ou intellectuelles, elles viennent de Dieu, du démon ou de l'imagination; et je vais exposer, si je peux, les signes auxquels on les distingue... Les personnes expérimentées verront que j'ai été exacte » ?.
Il faut en effet de l'expérience ?. Grâce à elle, l’erreur est impossible. Sans elle on pourra errer toute sa vie. Indéfiniment, « on se figurera entendre alors qu’on n’entend point » ?.
Se figurer entendre quand on n’entend point! Dès 1562, elle aborde vigoureusement ce problème, et conclut l'erreur, facile aux débiles, aux mélancoliques, aux épuisés, aux malades, est inadmissible chez le normal qui a vraiment entendu. « Quand il y a fausse locution, il est impossible que l’âme ne voie pas jusqu’à l’évidence que c’est elle qui prononce un discours » ©, Si subtil que soit le travail de l’entendement, il est impossible qu’on ne finisse pas par comprendre que c’est lui qui agit, qu’on a ordonné un discours, fait soi-même, construit seul la réponse ou la figure désirée ou redoutée, La Mystique est formelle là-dessus, Que ce soit dans le mal ou dans l'erreur, il n’y à pas d’impulsion ou d'illusion irrésistible. « Par un sens très subtil, l’âme possède la maîtrise des mauvaises pensées » !!, Le démon ne peut posséder une personne que si elle y consent et y coopère 2, Il attaque seuls ceux qui sont disposés à se rendre ©. T'hérétique s’aveugle volontairement, et une voix secrète l’avertit de son erreur 4. Il en est exactement de même quand nous avons à découvrir si nous entendons autrui ou si nous nous écoutons : qui est trompé désirait entendre, cherchait à entendre, était aux écoutes et voulait être trompé.
Nice xXXVI Chateau AVI ITE — "28 Cf. D. 306, 308 19: Château, VI, IIT. — 10. Vie, XXV. Les malades, cf. p. 309. — 11. Diadoque de Photicée, cité par Hoorn, Revue d’Ascétique et de Mystique, 1927, 411. —1 19. Scaramelli, cité par Poulain, L. c. — 13. Vie, XXV. — 14. Vie, VII.
nn"