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SUJET PERCEVANT ET OBJET PERÇU

même manière et selon les mêmes lois que les idées dans la pensée. I/âme de l’Ethique, comme celle de l'Emendatio, pour la première fois dans la science, est un automate spirituel #, ce qui ne signifie pas on ne sait quelle spontanéité préleibnizienne mais un mécanisme psychologique absolu, joint à la plus parfaite imperméabilité au mécanisme physique.

Indépendante de la matière mais rivée à elle, c’est elle que la pensée perçoit; les idées ne sont que des images des choses et toute perception a son objet.

Si on veut préciser ce qui perçoit et ce qui est perçu, que trouve-t-on ? Un être pensant unique percevant éternellement toutes choses ? Une infinité d'événements matériels, doublés chacun pour soi, de sa propre conscience ? Sans doute, mais aussi, à coup sûr, quelque chose de plus compliqué : des individus, percevant et perçus.

Pourquoi, entre Dieu et nous, la poussière infiniment fine et sans lacune des faits physiques et psychiques, cette hiérarchie constatée d'individus de plus en plus complexes dont l’homme ? Par suite — il n’y a pas d’autre raison — par suite de l’infinie productivité divine « dont suit une infinité de choses en une infinité de modes » et avec une infinité de degrés de perfection #4. — La pensée et l’étendue sont indivisibles, si un vif penchant nous porte à les diviser; mais elles ont des modes et il est légitime de dessiner en elles des choses qu’on se laissera provisoirement aller à considérer comme isolées du reste.

Dans l’étendue, le mouvement diversifie des figures, des choses, des corps. C’est le mouvement qui crée le mobile; et les corps, que distinguent mouvement, vitesse, lenteur et repos, ne sont que des proportions de mouvements 5, — Ainsi se différencient d’abord les corps « simplicissimes », sur lesquels Spinoza ne s'explique pas autrement 51. — Ils vont être éléments d'individus de plus en plus composés, et il n’y a nul mystère à leur individualité : leur figure est due à la pression qui assure la cohésion de leurs éléments, et ceux-ci soutiennent certains rapports cinétiques qui valent à l'individu total sa « forme », une forme qui résiste aux changements de place, de grandeur et de figure du tout, malgré les incessants renouvel-

48. R. E., 46. — 49. E.,; I, 16; appendice, fin. — 50. II, 13,- L.-1;-C. T., append., II, 14. — 51. E., II, petite physique après 13, Ax. 2.

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