‹ Études sur l'hallucinationChapitre 4 sur 366 · INTRODUCTION A · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A

lucide, pour lui demander d’écarter les diagnostics psychiatriques et de nous donner la théorie catholique des visions, ou plutôt des hallucinations divines.

Je crois en effet que sainte Thérèse, visionnaire, extatique et mystique, peut être étudiée indépendamment de ses troubles névropathiques. Sur ce dernier point, certains dévots eux-mêmes sont trop dociles aux modes scientifiques, et j'ai eu la surprise de voir d'excellents prêtres sacrifier visions, exlase, mystique ordinaire, sainte Thérèse et saint Jean de la Croix aux exigences de la psychiatrie. On pourrait soutenir au contraire que la mystique de Thérèse, y compris ses extases et ses visions, est née sur le terrain le plus syntone, chez une femme de foi et d’affaires qui n'eut de troubles neurologiques qu'accidentels, connut excellemment, par l'observation d'autrui, les subtilités et les dangers des névropathies, des gourmandises ascétiques et du sexe, les combattit, les évita, et en préserva fort bien la Thérèse visionnaire.

Celle-ci nous dira peut-être que ses visions qu'elle appelle « imaginatives » furent, non pas nos pseudohallucinations mais nos visions sensorielles, et que ses visions « intellectuelles » furent nos hallucinations psychiques, sinon parfois, elles aussi, des hallucinations sensorielles. |

Hallucinations ? Eh oui, sainte Thérèse, qui a cent fois vu le Christ et l’a tenu dans ses bras, a toujours dit qu'il n'était jamais venu près d'elle; et tout, dans toutes ses relations, fait des visions et locutions les plus certaines, les plus efficaces, les plus génératrices d’héroïsme, les plus divines et les plus authentiques, un travail de l'imagination sur les matériaux de la mémoire. Quand survient une radieuse apparition, elle est « semblable au tableau de la comtesse »; quand le Christ parle, Thérèse, en disant que c'est lui, fait comprendre que c'est elle.

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