‹ Études sur l'hallucinationChapitre 41 sur 366 · PERCEPTION ET ACTION · texte numérisé non relu

PERCEPTION ET ACTION

D’autres propositions ont le même accent et font la perception avec toute la réaction de l'organisme au choc extérieur. En II, 18, l’affection du corps qui double la perception est déterminée par les traces cérébrales ; en II, 28, les affections du corps humain l’affectent tout entier; en II, 49, Sc., l’essence des images est constituée par les seuls mouvements corporels; en III, 32, les images sont les affections du corps humain, c’est-à-dire les manières dont il est affecté par les causes extérieures et « disposé à faire ceci ou cela ».

Il ne faut donc pas lier la perception au seul choc des esprits sur une trace cérébrale des objets; il faut y voir la réplique psychique d’un vaste ensemble physiologique qui englobe le corps extérieur, le flux des esprits, leur réflexion sur les surfaces cérébrales, et leur course vers les muscles, prélude à la réaction de l’organisme. La théorie spinoziste de la perception est motrice autant que sensitive; et, au fond, lier la perception à un événement cérébral déterminé, fût-1l en effet privilégié, n’est-ce pas choisir dans le corps un siège pour l’âme, quand, on le sait, « qui aliud gactant et animæ sedes et habitacula fingunt, vel risum vel nauseam movere solent ».

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