‹ Études sur l'hallucinationChapitre 48 sur 366 · XVII · texte numérisé non relu

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sentes, toujours en train de réfléchir les esprits, toujours éveillées, actives, entretenues et provoquées par les objets. Ces images sont le double cérébral de ce que nous appellerons les notions communes ! et de notre idée de Dieu dans la mesure où nous verrons qu’on l’imagine.

L’Image. — Psychologie.

En II de l’Ethique, Spinoza nous dit ce qu’il faut savoir de psychologie pour être heureux. Après une affirmation du parallélisme, une délimitation de l’âme — idée de son corps —, et un bref exposé de physique, il explique ce que c’est que la perception et termine ainsi ce chapitre : l’idée de l'affection qu'éprouve le corps humain quand il est affecté d’une manière quelconque par les corps extérieurs enveloppe la nature du corps humain et en même temps celle du corps extérieur. [’âme perçoit, en même temps que la nature de son corps, celle d’un grand nombre d’autres corps. Nos idées des corps extérieurs indiquent, plutôt que leur nature, l’état de notre propre corps !.

Réservant la question de la valeur de la perception, il passe à l’Image et c’est la proposition XVII.

« Si le corps humain est affecté d’une manière qui enveloppe la nature d’un corps extérieur, l’âme humaine considérera ce corps extérieur comme existant en acte ou comme lui étant présent jusqu’à ce que le corps soit affecté d’une affection qui exclue l’existence ou la présence du même corps extérieur.

Démonstration. — Cela est évident, car aussi longtemps que le corps humain est ainsi affecté, l’âme humaine considérera cette affection du corps, c’est-à-dire aura l’idée d’une manière d’être actuellement donnée qui enveloppe la nature du corps extérieur; en d’autres termes aura une idée qui n'exclut pas mais pose l’existence ou la présence de la nature du corps extérieur, et ainsi l’âme considérera le corps extérieur comme existant en acte ou comme présent, etc.

Cor. — Si le corps humain a été affecté une fois par des corps extérieurs, l’Âme pourra considérer ces corps, bien qu’ils

AOL ITA ZONES CE 1. ESse formale.. Ordo et connexio.…., 11, 12, 13, 16, énoncé et corollaires.

XVII 27 n'existent pas et ne soient pas présents, comme s'ils étaient présents.

Dém.— Tandis que des corps extérieurs déterminent les parties fluides du corps humain à venir frapper souvent contre les parties molles, les surfaces de ces dernières sont changées; par là il arrive que les parties fluides sont réfléchies d’une autre manière qu’elles n'avaient accoutumé et que, plus tard encore, venant par leur mouvement spontané à rencontrer les surfaces nouvelles, elles sont réfléchies de la même manière que quand elles ont été poussées contre ces surfaces par les corps extérieurs; conséquemment, tandis qu’ainsi réfléchies elles continuent de se mouvoir, il arrive que le corps humain est affecté de la même manière, affection de laquelle l’âme forme de nouveau la pensée ; c’est-à-dire que l’âme considérera de nouveau le corps extérieur comme présent; et cela toutes les fois que les parties fluides du corps humain viendront à rencontrer par leur mouvement spontané les mêmes surfaces. C’est pourquoi, bien que les corps extérieurs par lesquels le corps humain a été affecté une fois n'existent plus, l’âme les considérera comme présents autant de fois que cette action du corps se répétera.

Scolie. — Nous voyons ainsi comment il peut se faire que nous considérions ce qui n’est pas comme s’il était présent, ce qui arrive souvent. Et il est possible que cela provienne d’autres causes, mais il me suffit d’en avoir montré une seule par laquelle je puisse expliquer la chose comme si je l’avais démontrée par sa vraie Cause ; ; Je ne crois cependant pas m'être beaucoup écarté de la vraie, puisque tous les postulats que j’ai admis ici ne contiennent à peu près rien qui ne soit établi par l’expérience, et qu’il ne nous est plus permis de la révoquer en doute après que nous avons montré que le corps humain existe, conformément au sentiment que nous en avons 2. En outre, nous connaissons clairement quelle différence il y a entre l’idée de Pierre qui constitue l’essence de l’âme de Pierre lui-même et l’idée du même Pierre qui est dans un autre homme, disons Paul. La première en effet exprime directement l’essence du corps de Pierre et elle n’enveloppe l'existence qu’aussi longtemps que Pierre existe; la seconde indique plutôt l’état du corps de Paul que la nature de Pierre, et, par suite, tant que dure cet état du corps de Paul, l’âme de Paul considère Pierre comme s’il lui était présent, même s’il n’existe plus. — Pour employer maintenant les mots en usage, nous appellerons images des choses les affections du corps humain dont les idées nous représentent les choses extérieures comme nous étant présentes, même si elles ne reproduisent pas les figures des choses. Et

2. Ostendimus corpus humanum, prout ipsum sentimus, existere. Traduction Appuhn. « Le corps humain existe dès lors que nous le sentons », trad. de XIII cor. — 3. Tametsi.

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